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Architecte cloud

L’architecte cloud conçoit l’infrastructure cloud de l’entreprise et guide les choix techniques selon ses besoins, ses contraintes et ses usages.

Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le

Définition et périmètre

L’architecte cloud, ou cloud architect, conçoit une architecture technique adaptée aux besoins de l’entreprise. Il relie les objectifs métier aux choix de réseau, de calcul, de stockage et de sécurité. Son rôle est de rendre ces choix cohérents entre eux et avec le système d’information existant, puis d’accompagner leur mise en œuvre.

Son intervention porte sur une solution complète : les applications à intégrer, leurs échanges de données et les moyens nécessaires à leur fonctionnement. Il prend en compte les contraintes des métiers, les objectifs du système d’information et les conditions d’exploitation. La taille de l’organisation, sa complexité et son secteur font varier l’étendue de cette responsabilité.

Pour cadrer le poste, précisez son interlocuteur de décision dans la direction technique ou informatique. Définissez aussi les équipes avec lesquelles il travaillera : développement, exploitation, sécurité et données. Le titre seul ne dit pas quelle part de la réalisation lui sera confiée. Selon le poste, l’architecte participe directement à la mise en œuvre ou accompagne les équipes qui déploient la solution.

Architecte cloud, DevOps et sécurité : qui fait quoi ?

  • Architecte cloud : lui confier la cohérence de la conception, les choix d’intégration et les règles techniques de la solution.
  • DevOps : préciser avec l’équipe la répartition de l’automatisation et du déploiement. La fiche DevOps engineer aide à approfondir ce périmètre voisin.
  • Sécurité : convenir des exigences de protection à intégrer et des validations à partager avec les spécialistes concernés.

Cette répartition est à adapter à votre organisation. Elle permet de formuler une attente précise : quelles décisions l’architecte doit-il préparer, lesquelles peut-il valider et jusqu’où doit-il intervenir dans leur réalisation ?

Enjeux du recrutement

Les choix d’architecture engagent la robustesse, l’évolutivité, la sécurité, la performance et la maîtrise des coûts. Pour un dirigeant, l’enjeu est de relier chaque choix à un besoin réel : maintenir un service disponible, accompagner l’évolution des usages ou intégrer une application dans l’existant.

Un arbitrage utile explicite ses contraintes. Demandez ce que la solution doit supporter, quelles interruptions sont acceptables et quelles données elle doit protéger. Ces réponses donnent un cadre à la conception. Elles permettent aussi de discuter une option technique sans faire du fournisseur ou de l’outil le point de départ du projet.

Rendre les compromis compréhensibles

Lorsqu’une option est retenue, faites préciser les bénéfices attendus, les limites et les conséquences pour les équipes. Une architecture doit rester compréhensible par ceux qui la mettent en œuvre et l’exploitent. La documentation peut conserver les raisons du choix afin que les décisions suivantes tiennent compte de ce contexte.

La question des dépenses mérite le même niveau d’explication. Demandez sur quelles hypothèses repose le choix et quels usages pourraient le remettre en cause. Pour préciser la responsabilité consacrée aux coûts cloud, vous pouvez approfondir le périmètre du FinOps engineer.

Exemple fictif : une entreprise souhaite migrer une application dont plusieurs équipes dépendent chaque jour. Avant de choisir une cible, l’architecte examine les échanges avec les systèmes existants et les contraintes de continuité. La décision doit expliquer comment ces dépendances seront prises en compte pendant la migration.

Salaires 2025-2026

Niveau et expérienceFixe annuel brut
Confirmé3-5 ans55–70 k€
Senior5-8 ans70–90 k€
Principal / Lead8+ ans85–110 k€

Fourchettes marché parisien, 2025-2026.

Hors Île-de-France, compter 10 à 20 % de moins.

Missions clés

  • Analyser les besoins métier, les contraintes techniques et les composants du système existant.
  • Évaluer les risques d’une migration et les dépendances entre applications, données et réseaux.
  • Concevoir la cible cloud et définir les standards techniques associés.
  • Choisir les services et les modalités d’intégration selon les exigences de sécurité, de performance et d’évolutivité.
  • Formaliser les décisions dans les documents et schémas d’architecture du projet.
  • Accompagner le déploiement et la migration avec les équipes techniques en tenant compte de la continuité des opérations.
  • Analyser l’effet des nouvelles technologies et de l’évolution des besoins sur l’architecture.

Compétences

Compétences techniques

  • Conception d’architecture : traduire un besoin métier en choix techniques cohérents à l’échelle de la solution.
  • Réseaux et intégration : concevoir les échanges entre applications, systèmes existants et services cloud.
  • Calcul, stockage et virtualisation : sélectionner les ressources en fonction des usages et de leurs contraintes.
  • Sécurité et identité : intégrer la protection des données et la gestion des accès dans les choix de conception.
  • Continuité et migration : prendre en compte le maintien des opérations et la reprise dans la cible et le passage depuis l’existant.
  • Infrastructure comme code : comprendre et utiliser l’automatisation pour créer et gérer l’infrastructure cloud.
  • Veille technique : évaluer l’intérêt d’une nouvelle solution au regard de l’architecture et des besoins de l’entreprise.

Qualités attendues

  • Écoute : recueillir les besoins des métiers et clarifier les contraintes avec les équipes techniques.
  • Clarté : expliquer une décision d’architecture dans un langage adapté à son interlocuteur.
  • Argumentation : rendre les compromis compréhensibles et défendre un choix en s’appuyant sur les besoins.
  • Coopération : faire travailler les parties prenantes sur les décisions qui touchent plusieurs domaines techniques.

Stack courante

Selon le contexte, sans stack obligatoireInfrastructure comme code : Terraform.Automatisation de l’infrastructure : AWS CloudFormation ou Azure Resource Manager, selon l’environnement concerné.Orchestration et surveillance : outils à préciser selon la solution conçue et les pratiques des équipes.Sécurité : outils de protection et de gestion des accès adaptés aux besoins de l’architecture.

Parcours et formation

Les parcours en architecture des systèmes d’information peuvent conduire au métier d’architecte cloud. Ils développent notamment la compréhension du système existant, l’analyse des besoins, la conception d’une cible et l’intégration des composants. Un intitulé de formation ne suffit pas à décrire les responsabilités que la personne peut prendre.

Quelle place donner aux certifications ?

Les certifications éditeurs attestent des compétences dans leur propre environnement. Elles apportent un repère sur les domaines abordés. Le référentiel Microsoft couvre notamment la conception de l’identité, du stockage, de la continuité et de l’infrastructure.

Les conditions d’obtention diffèrent : Microsoft exige Azure Administrator Associate pour son titre Azure Solutions Architect Expert, tandis que Google n’indique aucun prérequis à l’examen Professional Cloud Architect. Ces conditions concernent les certifications, pas une règle commune de recrutement.

Recruter ce profil

Quand recruter

Une migration vers le cloud, une évolution importante du système d’information ou des intégrations à structurer peuvent justifier un besoin d’architecture. Posez d’abord le problème à résoudre : définir une cible, relier des systèmes ou reprendre des choix techniques devenus difficiles à faire évoluer.

Avant une migration, précisez les applications concernées, les dépendances à examiner et les contraintes de continuité. Le périmètre du poste doit permettre de traiter la conception et l’accompagnement du passage vers la cible. Évitez de laisser implicite la part de mise en œuvre directe attendue du futur architecte.

Lors d’une transformation plus large, telle qu’une réorganisation ou une acquisition, examinez les décisions qui touchent plusieurs équipes. Si personne ne porte leur cohérence technique, formulez cette responsabilité dans le poste. Identifiez les interlocuteurs avec lesquels les choix devront être discutés et la personne qui pourra trancher les désaccords.

Si votre besoin concerne surtout une plateforme destinée aux équipes de développement, comparez le périmètre recherché à celui d’un Platform engineer. Décrivez les travaux à réaliser avant de retenir un intitulé. Une attente de réalisation quotidienne et une attente de conception globale ne conduisent pas nécessairement au même partage des responsabilités.

Enfin, distinguez un besoin durable d’une décision ponctuelle. Pour un sujet circonscrit, envisagez une expertise temporaire en précisant les livrables et leur transmission. Pour un poste permanent, évaluez la continuité des décisions à prendre après le premier projet. Ce critère aide à dimensionner le rôle sans fixer un seuil artificiel d’effectif ou de dépense.

Progression de carrière

Pour construire une évolution professionnelle, discutez d’abord du périmètre que la personne souhaite élargir. Vous pouvez envisager davantage de coordination entre équipes, une contribution à la stratégie du système d’information ou une activité de conseil sur plusieurs contextes d’architecture.

Ces pistes demandent de préciser les responsabilités supplémentaires : préparer des décisions pour plusieurs projets, accompagner d’autres spécialistes ou intervenir plus tôt dans le cadrage des besoins. Ne présentez pas le passage vers l’encadrement comme une étape automatique.

Un approfondissement de l’expertise reste aussi une piste à discuter, par exemple autour de l’intégration ou de la continuité. Pour choisir entre ces orientations, examinez les réalisations qui intéressent le professionnel et les besoins de l’organisation. Le titre cible doit refléter le travail effectivement confié.

Comment évaluer ce profil

Pour évaluer un architecte cloud, adaptez les étapes suivantes aux décisions et aux contraintes du poste à pourvoir.

1. Définir les critères avant les entretiens

Décrivez les décisions que la personne devra prendre : concevoir une cible, préparer une migration ou assurer la cohérence entre plusieurs systèmes. Précisez la part de mise en œuvre attendue.

Limitez la grille à une dizaine de critères prioritaires. Distinguez ceux qui se vérifient sur le parcours de ceux qui demandent une question ou un exercice, et associez une modalité d’évaluation à chacun.

Pour ce poste, vous pouvez retenir la compréhension des besoins, la cohérence technique, les compromis et la transmission aux équipes. Distinguez les connaissances indispensables à l’arrivée de celles qui peuvent être acquises.

Associez un interlocuteur métier à ce cadrage. Faites-lui formuler les contraintes de service dans ses propres termes, afin que l’évaluation technique reste liée à un besoin compréhensible.

2. Examiner une réalisation passée

Demandez au candidat de présenter une architecture sur laquelle il a réellement travaillé. Faites préciser le contexte, sa responsabilité personnelle et les décisions prises avec d’autres personnes.

Appuyez l’échange sur un schéma anonymisé ou une reconstitution. Demandez : « Quelles contraintes ont déterminé cette conception ? » Puis : « Quelle option avez-vous écartée, et pour quelle raison ? »

Un signal favorable est une explication qui relie les composants aux besoins et distingue les faits connus des hypothèses. Creusez une réponse centrée sur les noms d’outils ou qui laisse floue sa contribution.

3. Proposer un cas proche du poste

Exemple fictif : proposez la migration d’une application qui échange des données avec un système conservé dans l’entreprise. Fournissez les besoins connus et les contraintes de continuité.

Demandez au candidat de formuler ses questions avant de dessiner une cible. Faites-lui présenter les dépendances à examiner et les choix qu’il peut déjà argumenter.

Invitez-le à expliquer comment il aborderait le réseau, les accès, les données et la reprise. Introduisez ensuite une contrainte nouvelle et observez la manière dont il réexamine sa proposition.

Évaluez la qualité du raisonnement avec votre grille. Une proposition qui rend visibles ses limites est un signal utile. Une certitude maintenue sans traiter la nouvelle contrainte mérite d’être approfondie.

4. Tester la communication et la coopération

Demandez une restitution courte à un interlocuteur non spécialiste. Observez si le candidat explique les conséquences du choix et les décisions encore ouvertes sans perdre la précision nécessaire.

Explorez ensuite un désaccord vécu avec le développement, l’exploitation ou la sécurité. Demandez comment les arguments ont été discutés et comment la décision a été transmise.

Si le poste comprend de la coordination, examinez cette responsabilité séparément. Ne déduisez pas une aptitude à encadrer de la seule aisance technique.

5. Consolider l’appréciation

Comparez les observations de chaque évaluateur avec les critères initiaux. Notez ce qui a été démontré, ce qui reste incertain et ce qui demanderait un accompagnement à la prise de poste.

Avec l’accord du candidat, une référence professionnelle peut éclairer les points encore ouverts : replacez la compétence dans le contexte de la collaboration, puis demandez un exemple concret. Pour ce poste, l’échange peut porter sur le rôle exercé, la coopération et le suivi des décisions.

Si votre entreprise ne dispose pas de l’expertise technique nécessaire, associez un spécialiste capable de discuter la conception. Conservez en interne l’appréciation du besoin métier et du périmètre à confier.

Questions fréquentes

Faut-il avoir travaillé sur le même fournisseur cloud que l’entreprise ?

Le besoin dépend des décisions à prendre dès l’arrivée et des connaissances qui peuvent être approfondies ensuite. L’environnement cible et les capacités de conception comptent ensemble. Une expérience sur un autre fournisseur ne garantit pas une maîtrise équivalente de ses services et de ses contraintes : le transfert des connaissances ne dispense pas d’un apprentissage propre à l’environnement de l’entreprise.

Un architecte cloud peut-il intervenir dans une infrastructure hybride ?

Oui, son périmètre peut inclure une infrastructure hybride et l’intégration de systèmes existants. Les référentiels Azure et Google Cloud couvrent ce contexte. Pour votre poste, précisez les composants qui restent dans l’entreprise, leurs échanges avec le cloud et les contraintes de continuité. Cette description permet de rechercher une expérience pertinente sans supposer que toute expérience cloud couvre votre cas.

Qui conserve les décisions d’architecture lorsque l’entreprise travaille avec un intégrateur ?

Convenez explicitement du partage des décisions entre l’entreprise et l’intégrateur. Désignez les interlocuteurs qui préparent les choix, les valident et suivent leur réalisation. Précisez aussi les documents attendus et les modalités de transmission. Cette répartition est à construire selon votre organisation et le périmètre confié au prestataire ; aucun intitulé ne suffit à la déterminer.

Quels documents préparer avant l’arrivée d’un architecte cloud ?

Rassemblez les schémas d’architecture disponibles, les besoins métier et l’historique des choix importants. Ajoutez le contexte des décisions et les informations sur l’existant, en signalant les éléments devenus incertains ou incomplets. Ce dossier aide le nouvel arrivant à comprendre pourquoi le système a été conçu ainsi et quels sujets doivent être réexaminés.

Sources et méthode

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À propos de l’auteur

Romain Pichou

Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).

Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.