GetPro

Software engineer (ingénieur logiciel)

Le Software engineer conçoit, développe et fait évoluer des logiciels adaptés aux besoins des utilisateurs et aux contraintes de l’entreprise.

Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le

Définition et périmètre

Le Software engineer, ou ingénieur logiciel, est un professionnel qui analyse les besoins des utilisateurs, conçoit des solutions logicielles et les développe. Son rôle couvre aussi les tests, la documentation et l’évolution du logiciel après sa mise en service. Il contribue à fournir un produit fiable, utilisable et capable d’accompagner de nouveaux besoins.

Le métier dépasse le développement web. Il concerne les applications de bureau ou mobiles, les logiciels de gestion et l’informatique embarquée. Le domaine change les connaissances attendues : pour décrire un poste, précisez le logiciel concerné, ses utilisateurs et les contraintes dans lesquelles il fonctionne. Une même appellation ne suffit pas à établir que deux expériences sont comparables.

Le périmètre dépend également de l’organisation. Un ingénieur logiciel peut intervenir sur plusieurs étapes du projet ou se spécialiser dans un domaine technique. La création d’un logiciel et l’amélioration d’un produit déjà utilisé font toutes deux partie du champ couvert. La part de conception, de programmation et de maintenance doit donc être explicitée dans la fiche de poste.

Les intitulés développeur logiciel (software developer) et ingénieur études et développement peuvent recouvrir les mêmes activités d’analyse, de conception et de programmation. Ils ne définissent pas une frontière universelle entre les postes.

Enjeux du recrutement

La fiabilité d’un logiciel, sa facilité d’utilisation et sa capacité à évoluer engagent l’entreprise au-delà de sa première livraison. Un produit doit répondre au besoin de ses utilisateurs tout en permettant de traiter les dysfonctionnements et de préparer les changements suivants. Ces enjeux donnent un sens aux choix de conception, aux tests et à la documentation.

La première difficulté est de traduire correctement l’usage attendu. Une demande encore imprécise laisse ouvertes des questions sur le comportement du logiciel et les situations qu’il doit couvrir. Si ces points restent flous, une réalisation peut fonctionner techniquement sans répondre au besoin. Clarifier les usages avec les interlocuteurs concernés permet de donner une direction commune au développement.

Faire évoluer le produit en préservant son utilisation

Sur un logiciel existant, une nouvelle fonctionnalité s’inscrit dans un fonctionnement déjà en place. Le travail doit tenir compte de ce que les utilisateurs continuent d’attendre du produit. Comprendre le comportement actuel, contrôler les modifications et conserver une documentation utile aide l’équipe à préparer cette évolution.

Exemple fictif : une entreprise ajoute une fonction à son application de gestion. Cette modification perturbe un traitement que les équipes utilisent déjà. L’enjeu est alors double : corriger le dysfonctionnement et permettre l’usage de la nouvelle fonction. Des tests portant sur le comportement existant comme sur le changement attendu donnent à l’équipe un moyen de contrôler le résultat.

Un autre risque concerne la continuité du travail après livraison. Si les choix restent difficiles à comprendre, la reprise du logiciel peut demander un effort supplémentaire. La documentation doit donc rester utile aux personnes qui auront à intervenir. Une répartition explicite des responsabilités après mise en service permet également de savoir qui prend en charge les problèmes signalés et les évolutions à venir.

Salaires 2025-2026

Niveau et expérienceFixe annuel brut
Junior0-2 ans38–45 k€
Confirmé2-5 ans45–55 k€
Senior5-8 ans55–70 k€
Lead / Staff8+ ans70–85 k€

Fourchettes marché parisien, 2025-2026.

Hors Île-de-France, compter 10 à 20 % de moins.

Missions clés

  • Analyser les besoins des utilisateurs pour préciser le comportement attendu du logiciel.
  • Traduire les besoins en spécifications fonctionnelles et techniques.
  • Concevoir une solution adaptée au produit et à ses contraintes.
  • Programmer les fonctionnalités dans un langage adapté au besoin.
  • Tester le logiciel pour valider son fonctionnement.
  • Diagnostiquer les dysfonctionnements et apporter les corrections nécessaires.
  • Documenter le logiciel pour faciliter sa compréhension et son évolution.
  • Faire évoluer les logiciels existants après leur mise en service.

Compétences

Compétences techniques

  • Analyse fonctionnelle : transformer une demande en comportements attendus et en spécifications compréhensibles.
  • Conception logicielle : organiser une solution en tenant compte du produit et des contraintes connues.
  • Programmation : écrire et modifier du code dans les langages adaptés à l’environnement du poste.
  • Tests et diagnostic : examiner un dysfonctionnement, en rechercher la cause et contrôler la correction.
  • Maintenance et documentation : comprendre un logiciel existant et rendre ses évolutions lisibles pour les autres intervenants.
  • Sécurité et veille technique : entretenir les connaissances utiles aux procédures de sécurité et aux évolutions des langages employés.

Qualités attendues

  • Analyse : distinguer le besoin exprimé, les informations manquantes et les contraintes à prendre en compte.
  • Pédagogie : expliquer à un interlocuteur non spécialiste ce qui est réalisable et les limites de la solution.
  • Coopération : partager les informations nécessaires aux personnes qui contribuent au même logiciel.
  • Écoute : préciser une demande avec son interlocuteur avant de choisir une réponse technique.
  • Ouverture aux retours : discuter une remarque sur le travail réalisé et expliquer les modifications retenues.

Stack courante

Selon le contexte, sans stack obligatoireDéveloppement : langages adaptés au produit, par exemple Java ou C++.Gestion du code : partager le code et suivre ses modifications.Tests : exécuter les vérifications et examiner leurs résultats.Livraison : mettre le logiciel en service selon les modalités du projet.Diagnostic et documentation : analyser les dysfonctionnements et conserver les informations utiles.

Parcours et formation

Les diplômes d’ingénieur spécialisés en informatique, développement logiciel ou génie logiciel et les masters, notamment Miage, préparent au métier. L’Apec mentionne aussi des formations informatiques de niveau bac +2 / 3. Ces descriptions de parcours ne permettent pas de déduire un diplôme obligatoire pour tous les postes. Les acquis attendus dépendent du logiciel concerné et des responsabilités confiées.

L’apprentissage reste utile au fil des projets. Les langages évoluent, et les connaissances en sécurité doivent être entretenues. La spécialisation peut porter sur un domaine précis de l’informatique ; elle donne au parcours un périmètre qu’un intitulé de diplôme ne résume pas à lui seul.

Le parcours attendu gagne ainsi à distinguer les connaissances nécessaires dès l’arrivée de celles qui pourront être approfondies avec l’équipe, selon l’accompagnement disponible.

Recruter ce profil

Quand recruter

Envisagez ce recrutement lorsque l’entreprise doit concevoir ou faire évoluer un logiciel et qu’elle peut définir une responsabilité durable autour de ce travail. Commencez par décrire le besoin : utilisateurs concernés, logiciel à créer ou à reprendre, changements attendus et contraintes connues. Cette description vous aidera à choisir le niveau d’autonomie nécessaire.

Pour un nouveau projet, précisez qui peut expliquer les usages, discuter les spécifications et décider des priorités. Si ces interlocuteurs ne sont pas identifiés, clarifiez leur rôle avant de confier au nouvel arrivant une demande trop ouverte. Déterminez aussi qui pourra discuter ses choix de conception et lui apporter un avis technique.

Pour un logiciel déjà utilisé, estimez la place de la maintenance, du diagnostic et des nouvelles fonctionnalités. Un poste présenté uniquement comme de la création peut mal refléter le quotidien attendu. Donnez au candidat suffisamment d’informations pour comprendre la nature des problèmes à résoudre et les échanges avec les utilisateurs.

Si le besoin porte surtout sur la coordination des choix techniques et l’accompagnement d’autres développeurs, examinez le rôle de Tech Lead. Vous pourrez ainsi distinguer les responsabilités de réalisation de celles que vous souhaitez confier à un référent technique.

Le critère de décision est la continuité du besoin et la capacité de l’organisation à accueillir ce rôle. Pour une question technique circonscrite, envisagez plutôt un avis d’expert ponctuel. Pour un travail logiciel récurrent, définissez un poste avec des interlocuteurs, une responsabilité après livraison et des moyens d’évaluation cohérents.

Progression de carrière

Un Software engineer peut élargir son rôle vers l’expertise technique, l’architecture logicielle, la conduite de projet ou l’encadrement d’une équipe. Ces évolutions correspondent à des responsabilités différentes ; elles ne constituent pas une progression automatique.

La voie de l’expertise permet d’approfondir un domaine et d’intervenir sur des questions techniques plus étendues. L’architecture porte davantage sur les choix de conception du logiciel. Le rôle de Tech Lead peut convenir à un projet professionnel orienté vers la coordination technique et l’accompagnement de l’équipe.

Pour préparer une évolution, discutez des responsabilités que la personne souhaite réellement exercer : résoudre des problèmes techniques, organiser un projet ou encadrer des collaborateurs. Une évolution vers la conduite de projet ou l’encadrement mérite d’être appréciée sur ces nouvelles attentes, sans supposer que la maîtrise de la programmation suffit à les couvrir.

Comment évaluer ce profil

Pour évaluer un candidat, appuyez-vous sur les étapes suivantes et adaptez les exercices au logiciel, au niveau d’autonomie et aux responsabilités du poste.

1. Définissez une grille commune

Sélectionnez les critères décisifs avant les entretiens : compréhension du besoin, pertinence du raisonnement, qualité des vérifications et clarté des explications. Précisez ce qui est indispensable dès l’arrivée et ce qui pourra être appris.

Pour chaque critère, décrivez un résultat observable. Sur un poste de maintenance, attendez notamment une démarche pour comprendre le comportement existant avant de modifier le code. Réservez une appréciation distincte aux connaissances propres à votre environnement.

Désignez la personne qui évaluera la réalisation technique. Si votre équipe ne dispose pas de cette expertise, faites intervenir un évaluateur technique capable de comprendre le contexte du poste.

2. Examinez une réalisation passée

Demandez au candidat de présenter un projet en partant du problème à résoudre. Faites préciser son rôle personnel, les contraintes rencontrées et les décisions auxquelles il a contribué.

Approfondissez un choix : quelles options avait-il envisagées, pourquoi a-t-il retenu cette solution et comment en a-t-il contrôlé le résultat ? Demandez ensuite ce qu’il modifierait aujourd’hui.

Retenez comme signal favorable un récit précis qui distingue contribution personnelle et travail collectif. Creusez les réponses qui restent générales ou n’expliquent pas comment le logiciel a été testé.

3. Proposez un exercice proche du poste

Choisissez une tâche limitée, compréhensible sans connaître votre entreprise. Donnez les informations nécessaires et autorisez les questions. Annoncez les critères de lecture avant de commencer.

Exemple fictif : pour un poste centré sur un logiciel existant, fournissez un court extrait de code avec un comportement inattendu. Demandez au candidat de l’expliquer, de proposer une correction et de décrire les vérifications utiles.

Observez la manière de formuler des hypothèses et de les confronter au code. Discutez les limites de la solution, même lorsque le résultat fonctionne. Ne réduisez pas l’appréciation à la rapidité d’exécution.

Approfondissez une modification sans justification ou l’absence de contrôle après correction. Une difficulté initiale peut aussi révéler un raisonnement solide si le candidat sait l’analyser et ajuster sa démarche.

4. Évaluez les échanges avec l’équipe

Demandez une explication de la solution destinée à un interlocuteur non technique. Observez si le candidat rend le choix compréhensible sans masquer les incertitudes ou les limites.

Revenez sur un désaccord rencontré au cours d’un projet. Faites préciser comment les informations ont été partagées et comment la décision a été prise. Examinez sa capacité à recevoir un retour concret.

Si le poste inclut l’accompagnement d’autres développeurs, abordez cette responsabilité séparément. Demandez une situation où le candidat a aidé un collègue à comprendre un problème ou à faire évoluer son travail.

5. Confrontez les observations

Comparez les évaluations à la grille initiale. Distinguez les faits observés, les points encore incertains et les besoins d’accompagnement. Évitez de compenser une lacune essentielle par une impression générale favorable.

Si vous prenez des références, annoncez cette étape au candidat et convenez des interlocuteurs. Ciblez les responsabilités exercées et la collaboration sur le logiciel. Utilisez ces échanges pour éclairer les questions restées ouvertes.

Questions fréquentes

Que préparer avant l’arrivée d’un Software engineer ?

Préparez un accès aux informations nécessaires pour comprendre le produit et commencer une première intervention : besoins utilisateurs, documentation disponible, environnement de travail et personnes à solliciter. Désignez un interlocuteur pour les questions techniques et un autre pour les priorités, si ces responsabilités sont distinctes. Choisissez une première tâche au périmètre clair et prévoyez un échange sur ce qui reste difficile à comprendre.

Comment apprécier les réalisations d’un candidat lorsque son code est confidentiel ?

Demandez une présentation du problème, de la contribution personnelle et des choix réalisés, sans exiger le code de l’employeur. Le candidat peut décrire les contraintes, les options écartées et les tests effectués, en restant sur les éléments qu’il peut partager. Convenez de ce périmètre au début de l’échange et approfondissez son raisonnement sans faire d’un portfolio public un préalable.

Que préciser dans le poste lorsqu’il faut reprendre un logiciel existant ?

Précisez la part de maintenance et d’évolution, la documentation disponible et les comportements qui doivent être préservés. Décrivez aussi les contraintes de compatibilité connues et les personnes capables d’expliquer l’historique du produit. Présentez les difficultés identifiées sans conclure d’avance qu’une réécriture s’impose : le poste doit permettre au candidat de comprendre ce qu’il devra reprendre et avec quels appuis.

Comment répartir les tests entre le Software engineer et un spécialiste QA ?

Convenez explicitement de qui prépare les tests, les exécute, examine les anomalies et décide de leur traitement. Faites partir cette répartition des risques du produit et des compétences présentes dans l’équipe. Précisez les échanges attendus après une modification du code pour éviter les zones sans responsable. Pour examiner ce profil complémentaire, consultez la fiche QA et test automation.

Sources et méthode

Fiches métiers liées

À propos de l’auteur

Romain Pichou

Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).

Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.