AI engineer (ingénieur en intelligence artificielle)
L’AI engineer conçoit, intègre et évalue des fonctionnalités d’intelligence artificielle pour les produits et les utilisateurs de l’entreprise.
Par l’équipe GetProPublié le Mis à jour le
AI engineer : besoin de recruter ?
Premiers candidats présentés sous 3 semaines.
Définition et périmètre
L’AI engineer, ou ingénieur en intelligence artificielle, conçoit et développe des solutions IA, puis les intègre aux applications de l’entreprise. Son travail peut comprendre la préparation des données, le choix des modèles, leur évaluation, le déploiement et la maintenance. Il transforme un besoin d’utilisateur en une fonctionnalité dont les résultats et les limites peuvent être examinés.
Le métier dépasse l’IA générative. Selon le projet, il porte sur la prédiction, la vision par ordinateur, le traitement du langage ou la robotique. Ces domaines sont des spécialisations possibles : un poste ne suppose pas de les maîtriser tous. Le contenu du travail dépend aussi de ce que l’entreprise souhaite développer elle-même et des services qu’elle peut intégrer.
L’ingénieur travaille avec les architectes, les spécialistes des données et les développeurs. La maintenance peut faire partie du poste ou être partagée avec des spécialistes de l’exploitation.
Ingénieur IA, ingénieur machine learning et ingénieur données : qui fait quoi ?
- L’ingénieur IA relie le besoin, la solution technique et son intégration. Son poste peut couvrir plusieurs étapes, depuis les premiers essais jusqu’au suivi de l’application.
- Le ML engineer travaille également sur la modélisation, l’intégration et la production. Les deux intitulés se recouvrent : ils ne suffisent pas à déterminer qui entraîne les modèles ou qui les exploite.
- L’ingénieur données intervient sur les chaînes d’ingestion et la mise à disposition des données. La préparation nécessaire à un modèle doit être répartie avec lui, sans confier implicitement toute la plateforme de données à l’ingénieur IA.
Un intitulé identique peut correspondre à des responsabilités techniques différentes.
Enjeux du recrutement
Une fonctionnalité IA doit être évaluée sur l’usage auquel elle est destinée. Un résultat convaincant lors d’une démonstration ne renseigne pas, à lui seul, sur sa robustesse dans d’autres situations. Le travail de l’ingénieur consiste notamment à choisir des données de validation, des mesures de performance et des tests qui rendent les limites visibles.
Relier les résultats aux contraintes du produit
Le choix d’un modèle engage aussi les ressources nécessaires à son fonctionnement. La qualité obtenue, le temps de réponse et les moyens de calcul doivent être examinés ensemble. Pour l’entreprise, ces compromis déterminent les conditions de fonctionnement du produit et les décisions à faire valider par les responsables du produit ou de l’infrastructure.
Exemple fictif : une entreprise teste un système qui repère des défauts sur des images. Avant de retenir une approche, demandez quels défauts le système détecte et lesquels lui échappent. Demandez aussi en quoi les images utilisées pour les essais sont représentatives des images que le système devra traiter. Un score global ne remplace pas cette lecture des erreurs.
Organiser les dépendances techniques
La préparation des données comprend le traitement des lacunes, la normalisation et l’examen des anomalies. Si la mise à disposition des données pose problème, clarifiez la répartition des travaux avec le data engineer. Le recrutement d’un spécialiste IA ne dispense pas de déterminer qui fournit les données et qui corrige leurs défauts.
Après le déploiement, le suivi des performances et les mises à jour reproductibles permettent d’examiner l’évolution des résultats. Il faut donc prévoir les responsabilités de maintenance dès le cadrage du poste.
Dans le cas génératif, un autre risque doit être explicite : une réponse plausible peut être inexacte. L’évaluation doit tenir compte de l’usage qui sera fait de cette réponse. La CNIL souligne ce risque, sans qu’un test ou un choix d’outil permette de promettre sa disparition.
Salaires 2025-2026
| Niveau et expérience | Fixe annuel brut |
|---|---|
| Junior0-2 ans | 50–65 k€ |
| Confirmé2-5 ans | 65–90 k€ |
| Senior5-8 ans | 85–120 k€ |
| Lead / Staff8+ ans | 120–180 k€ |
Fourchettes marché parisien, 2025-2026.
Hors Île-de-France, compter 10 à 20 % de moins.
Missions clés
- Traduire les besoins des utilisateurs en objectifs techniques et en critères de réussite vérifiables.
- Choisir une architecture IA compatible avec les applications, les données et les ressources disponibles.
- Préparer les données nécessaires aux modèles en traitant les lacunes, les anomalies et les différences de représentation.
- Développer ou intégrer les modèles et services nécessaires à la fonctionnalité attendue.
- Comparer les approches sur des données de validation et justifier les compromis retenus.
- Tester la robustesse de la solution dans des situations représentatives de son utilisation.
- Intégrer la fonctionnalité aux applications avec les développeurs et les architectes concernés.
- Suivre les performances après déploiement et préparer des mises à jour reproductibles avec les responsables de l’exploitation.
- Documenter les choix techniques, les résultats et les limites pour les équipes qui utilisent ou maintiennent la solution.
Compétences
Compétences techniques
- Programmation : développer et modifier le code nécessaire aux modèles, aux traitements de données et à leur intégration.
- Préparation des données : repérer les valeurs manquantes ou aberrantes et choisir une représentation adaptée au modèle.
- Fondamentaux mathématiques : mobiliser statistiques, probabilités et algèbre linéaire au niveau requis par les travaux de modélisation.
- Évaluation des modèles : sélectionner des métriques pertinentes, comparer les résultats et expliquer les limites des données de validation.
- Intégration logicielle : utiliser des interfaces de programmation et articuler la solution IA avec les systèmes existants.
- Exploitation : organiser les tests, le suivi des performances et les mises à jour reproductibles du système.
- Choix d’architecture : mettre en relation qualité des résultats, temps de réponse et ressources nécessaires.
Qualités attendues
- Écoute : reformuler les attentes des utilisateurs pour préciser le problème à résoudre.
- Coopération : répartir les travaux avec les architectes, les développeurs et les spécialistes des données.
- Clarté : expliquer les résultats et leurs limites à des interlocuteurs qui ne maîtrisent pas les modèles.
- Rigueur documentaire : laisser des explications écrites utilisables pour comprendre les choix et reprendre le travail.
Stack courante
Parcours et formation
Les parcours utiles associent des bases techniques et des réalisations concrètes. L’étude de l’Apec et du CESI décrit des formations en informatique ou en mathématiques appliquées, complétées par la pratique, l’autoapprentissage ou la recherche. Ces parcours donnent des points de repère, sans établir un diplôme obligatoire pour chaque poste d’AI engineer.
Les acquis utiles dépendent du travail qui sera confié. Un poste de modélisation mobilise une compréhension des données, des statistiques et des méthodes d’évaluation. Un poste principalement consacré à l’intégration fait aussi appel à la programmation et à la capacité à faire fonctionner un service dans une application. La profondeur mathématique attendue doit correspondre aux décisions que la personne devra prendre.
Un candidat issu du développement logiciel peut présenter des bases solides en programmation et avoir besoin de compléter sa compréhension des modèles et de leur validation. Un parcours davantage orienté données ou recherche peut nécessiter un apprentissage complémentaire de l’intégration et de la maintenance. Les acquis et les besoins d’accompagnement varient selon les expériences : le seul intitulé de formation ne permet pas de déduire l’autonomie.
Une spécialisation constitue une autre voie. Le Mastère Spécialisé en intelligence artificielle recensé par France compétences prévoit des conditions d’admission propres et une validation des acquis de l’expérience. Cet exemple ne représente ni un passage obligé ni une promesse de reconversion rapide.
Une veille en lien avec les projets contribue à entretenir les compétences.
Recruter ce profil
Quand recruter
Envisagez un poste d’AI engineer lorsque vous pouvez lui confier un besoin concret de conception ou d’intégration, avec des résultats à évaluer. Commencez par préciser la fonctionnalité attendue, ses utilisateurs, les données accessibles et les systèmes auxquels elle devra se connecter. Si ces éléments restent indéterminés, une expertise ponctuelle peut d’abord vous aider à cadrer le projet.
Au stade de l’expérimentation, définissez les décisions que le titulaire devra éclairer : comparer des approches, identifier les limites des données ou tester la faisabilité d’une intégration. Précisez qui pourra l’aider sur les sujets qu’il ne maîtrise pas. Une personne recrutée pour développer des modèles ne doit pas découvrir après son arrivée qu’elle est aussi seule responsable de l’ensemble des données et de l’infrastructure.
Lorsque la fonctionnalité doit être utilisée au quotidien, examinez les travaux qui restent à organiser : intégration logicielle, tests de robustesse, suivi des performances et mises à jour. Le besoin peut alors porter sur un ingénieur capable d’articuler ces activités avec les équipes existantes. Définissez son autonomie et les décisions qui restent du ressort d’un responsable technique ou produit. Identifiez notamment qui décide des priorités du produit et qui valide les choix techniques.
Si la conception est déjà couverte et que votre difficulté concerne surtout l’exploitation de modèles de langage, examinez plutôt le périmètre d’un LLMOps engineer. Si le principal obstacle est la disponibilité des données, clarifiez d’abord le besoin d’ingénierie des données.
Le critère de décision est la responsabilité durable que vous souhaitez confier. Comparez-la aux compétences déjà présentes, aux appuis disponibles et aux tâches réellement récurrentes. Cette analyse aide à choisir entre un poste dédié, un rôle voisin ou une intervention ponctuelle.
Progression de carrière
L’AI engineer peut approfondir son expertise technique, prendre la conduite de projets ou évoluer vers l’encadrement. Ces possibilités correspondent à des responsabilités différentes, sans succession automatique.
Dans une trajectoire d’expertise, il peut concentrer son travail sur une famille de modèles, leur évaluation ou les choix d’intégration. Les périmètres du ML engineer et du LLMOps engineer offrent des points de comparaison pour préciser une orientation vers les modèles ou leur exploitation. Ce choix doit partir des compétences effectivement développées.
La conduite de projet ajoute la coordination des travaux, la clarification des rôles et le suivi des objectifs. L’encadrement suppose aussi d’accompagner les personnes et d’examiner leur travail. Pour préparer cette évolution, distinguez l’envie de rester proche des décisions techniques de celle d’assumer des responsabilités d’équipe. Une expertise approfondie ne démontre pas, à elle seule, une aptitude au management.
Comment évaluer ce profil
La méthode GetPro repose sur une grille de critères, des questions ouvertes étayées par des exemples et une prise de références ; les conseils ci-dessous permettent d’adapter ce socle au métier d’AI engineer.
1. Définir les critères qui serviront à décider
GetPro distingue les éléments vérifiables sur le parcours des compétences à examiner en entretien. Une modalité d’évaluation est associée à chaque critère, puis la grille guide les échanges.
Pour votre poste, retenez les capacités qui correspondent aux décisions confiées : préparer les données, intégrer une solution, évaluer ses résultats ou suivre son fonctionnement. Précisez ce qui exige de l’autonomie et ce qui peut être accompagné.
Associez chaque capacité à une preuve accessible. Une explication d’architecture, une analyse d’erreurs ou un exercice peuvent renseigner des dimensions différentes. Évitez une liste d’outils qui ne dit pas ce que le candidat devra réaliser.
2. Examiner une réalisation et la contribution personnelle
Les entretiens GetPro utilisent des questions ouvertes et des exemples concrets pour approfondir les critères clés.
Demandez au candidat de présenter un projet depuis le besoin initial jusqu’au résultat obtenu. Faites préciser ses décisions, les travaux réalisés par ses collègues et les contraintes auxquelles il a dû répondre.
Si le code du projet ne peut pas être partagé, demandez au candidat de présenter sa contribution personnelle dans les limites de ce qu’il peut divulguer. Vous pouvez lui demander un schéma simplifié ou une explication de ses arbitrages, ou lui proposer un exercice sur des données autorisées. Recherchez la cohérence entre le besoin, les décisions et les résultats décrits. Ces modalités sont des conseils pour adapter l’évaluation : elles ne supposent pas d’obtenir le code ni les données confidentielles d’un ancien employeur.
Interrogez ensuite un choix : pourquoi ce modèle, ces données de validation ou cette métrique ? Recherchez une explication qui relie le choix à l’usage. Une liste de technologies sans raisonnement mérite un approfondissement.
Un signal favorable est la capacité à décrire une limite et la manière dont elle a influencé le travail. Une réponse qui attribue tout le résultat au candidat sans préciser les contributions appelle des questions complémentaires.
3. Proposer un exercice proche du travail attendu
Exemple fictif : fournissez des données d’essai autorisées et demandez de comparer deux approches pour une tâche de classification. Faites expliquer les erreurs observées, le choix des mesures et les vérifications encore nécessaires.
Adaptez la tâche au poste. Pour une mission d’intégration, vous pouvez privilégier un schéma d’application et une stratégie de tests. Pour une mission de modélisation, approfondissez la préparation des données et la validation.
Examinez autant la démarche que le résultat. Une personne qui identifie les limites de l’exercice fournit une information utile. Un score présenté sans explication des données ni des erreurs ne suffit pas.
Si votre entreprise ne dispose pas de l’expertise nécessaire, faites examiner les choix techniques par un spécialiste capable de les discuter. Les responsables concernés conservent la décision sur les attentes métier, tandis que le spécialiste examine les choix techniques.
4. Apprécier la communication et la coordination
Demandez une restitution destinée à un interlocuteur non technique. Le candidat doit pouvoir expliquer ce que le système fait, ce qui reste incertain et quelle décision les résultats permettent d’éclairer.
Pour un poste comprenant de la coordination, approfondissez la répartition des travaux et les désaccords techniques. Si le poste comporte de l’encadrement, demandez un exemple de clarification des objectifs et d’accompagnement d’un collaborateur.
Distinguez la précision de l’explication de l’aisance orale. Une formulation simple qui conserve les limites du résultat est un signal utile.
5. Confronter les observations aux références
La prise de références GetPro replace les compétences dans le contexte de la collaboration et recherche des exemples précis. Elle complète l’appréciation des points forts et des points d’attention issus des entretiens, sans les valider automatiquement.
Pour ce rôle, faites préciser la contribution à la solution et la qualité des échanges avec les autres équipes. Recoupez les observations avec votre grille. Une appréciation générale sans exemple laisse une question ouverte, plutôt qu’elle ne confirme une compétence.
Questions fréquentes
Faut-il entraîner son propre modèle pour avoir besoin d’un AI engineer ?
Non. Un projet génératif peut utiliser un modèle existant tout en nécessitant un travail d’intégration et d’évaluation. Selon le besoin, la recherche d’informations externes pour enrichir les réponses, appelée RAG, ou l’ajustement d’un modèle préentraîné, appelé fine-tuning, constituent des options différentes. Le premier complète les informations accessibles lors de la réponse, tandis que le second modifie les paramètres du modèle. Faites préciser le problème à résoudre avant de retenir l’une de ces options.
Un AI engineer peut-il travailler sur des données confidentielles ?
Le projet doit d’abord clarifier les conditions de traitement de ces données. Pour un système génératif, examinez l’hébergement, les accès autorisés, les contrats et la réutilisation éventuelle des informations avec les responsables compétents. La CNIL identifie notamment le délégué à la protection des données (DPO) et le responsable de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) comme interlocuteurs. L’ingénieur contribue aux choix techniques, mais sa seule intervention ne constitue pas une garantie de confidentialité. Un hébergement local ne dispense pas de cet examen.
Que faut-il prévoir si le fournisseur de modèle change son API ?
Identifiez qui suit les annonces du fournisseur et qui teste les changements dans votre application. Un retrait de modèle peut, par exemple, interrompre les appels : Anthropic le précise dans sa documentation et recommande de tester le remplacement avant le retrait. Prévoyez donc une comparaison sur vos usages et une vérification de l’intégration. Le comportement de la nouvelle solution doit être examiné, sans supposer qu’un remplacement sera automatique.
Comment comparer une proposition salariale à la grille de cette fiche ?
Comparez d’abord la même nature de rémunération. La grille porte sur le fixe annuel brut en euros, pour la période 2025-2026, avec un périmètre français centré sur Paris. Elle ne fournit pas de fourchettes de package global. Demandez donc le détail du fixe et des autres composantes de la proposition avant de comparer les montants. Les repères d’expérience ne remplacent pas l’examen des responsabilités et de l’autonomie du poste.
Sources et méthode
- France compétences : Ingénieur en intelligence artificielle (MS)
- Apec et CESI : Usine du futur, bâtiment du futur, 12 métiers en émergence
- Microsoft Learn : Microsoft Certified: Azure AI Engineer Associate
- Google Cloud : Professional Machine Learning Engineer
- CNIL : Les questions-réponses de la CNIL sur l’utilisation d’un système d’IA générative
- Anthropic : Model deprecations
- GetPro : ML Engineer
- GetPro : Data Engineer
- GetPro : LLMOps Engineer
Fiches métiers liées
- ML Engineer (Machine Learning Engineer)Le ML Engineer conçoit, entraîne et intègre des modèles de machine learning dans les logiciels utilisés par les clients ou les équipes de l’entreprise.
- LLMOps EngineerLe LLMOps Engineer maintient les applications utilisant des modèles de langage en production et suit leur qualité, leur fiabilité et leurs coûts.
- Forward Deployed EngineerLe Forward Deployed Engineer conçoit et déploie pour un client des solutions logicielles adaptées à ses données, systèmes et usages.
- Prompt EngineerLe Prompt Engineer conçoit et évalue les instructions données aux modèles de langage pour adapter leurs réponses aux besoins des équipes métier.
- Software engineer (ingénieur logiciel)Le Software engineer conçoit, développe et fait évoluer des logiciels adaptés aux besoins des utilisateurs et aux contraintes de l’entreprise.