Data Architect
Le Data Architect conçoit les modèles, les flux et le stockage des données pour répondre aux besoins des métiers et guider les équipes techniques.
Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le
Data Architect : besoin de recruter ?
Premiers candidats présentés sous 3 semaines.
Définition et périmètre
Le Data Architect, ou architecte de données, est le professionnel qui conçoit l’organisation technique des données pour répondre aux usages de l’entreprise. Il définit les modèles, la circulation des données et les choix de stockage. Son travail donne aux équipes techniques un cadre pour construire des solutions cohérentes avec les besoins des utilisateurs.
Il part de l’existant : quelles données sont disponibles, d’où viennent-elles et comment sont-elles utilisées ? Il rapproche cette cartographie des attentes métier, puis formalise une architecture. Celle-ci précise les relations entre les données, leurs échanges et les contraintes à prendre en compte pour les rendre accessibles. Les schémas et les métadonnées permettent de partager ces choix et d’examiner les effets d’une nouvelle intégration.
Le rôle s’exerce en relation avec les équipes des systèmes d’information, les ingénieurs de données et les data scientists. Le rattachement et les décisions confiées doivent être précisés dans chaque organisation. Le titre seul ne donne ni une responsabilité hiérarchique ni l’autorité de valider toutes les règles de sécurité ou de conformité. L’architecte intègre les standards et les exigences de protection avec les spécialistes concernés.
Data Architect, Data Engineer et direction data : qui fait quoi ?
- Le Data Architect porte la cohérence des modèles et des choix d’architecture. Il explique les décisions techniques et leurs conséquences pour les usages.
- Le Data Engineer développe et met en œuvre les flux de données. La conception des intégrations peut faire partie de son travail : les compétences des deux métiers se recouvrent.
- La direction data définit la stratégie des données et conduit son déploiement. Ce mandat ne découle pas automatiquement du titre de Data Architect.
Pour cadrer un poste, distinguez donc les recommandations attendues, les décisions que la personne pourra approuver et les réalisations confiées aux autres équipes. Cette répartition évite d’assimiler un besoin d’architecture à un poste de développement ou de direction.
Enjeux du recrutement
L’architecture des données relie les besoins des utilisateurs aux choix techniques. Un même projet doit tenir compte des données disponibles, de leur format, des échanges entre systèmes et des conditions d’accès. Pour un dirigeant, l’enjeu est de rendre ces choix compréhensibles avant d’engager la réalisation.
Une plateforme peut répondre à un besoin de stockage tout en étant mal adaptée au temps de réponse attendu. Un modèle peut convenir à un usage local et devenir difficile à partager avec d’autres équipes. Le risque est alors de découvrir trop tard qu’un choix technique ne répond pas à l’usage prévu. Demandez que les contraintes de performance, d’hébergement et d’accès soient explicites dans les décisions d’architecture.
La documentation compte autant que le schéma initial. Les modèles doivent pouvoir être actualisés, y compris à partir d’un système déjà en place. Les référentiels de métadonnées aident notamment à étudier les impacts d’une intégration. Sans cette compréhension de l’existant, une décision peut ignorer les données ou les échanges dont dépendent d’autres utilisateurs.
Exemple fictif : une entreprise souhaite réunir des données issues de plusieurs applications pour un nouvel usage métier. Avant de choisir la plateforme, demandez au Data Architect d’expliciter les formats à rapprocher, les flux nécessaires et les conditions d’accès. Faites préciser les attentes de temps de réponse et les informations encore manquantes. Vous pourrez alors discuter d’options techniques à partir du besoin réel.
Salaires 2025-2026
| Niveau et expérience | Fixe annuel brut |
|---|---|
| Junior0-2 ans (rare) | 45–55 k€ |
| Confirmé2-5 ans | 55–70 k€ |
| Senior5-8 ans | 68–85 k€ |
| Principal8+ ans | 85–110 k€ |
Fourchettes marché parisien, 2025-2026.
Hors Île-de-France, compter 10 à 20 % de moins.
Missions clés
- Cartographier les sources et les données existantes pour comprendre leur organisation.
- Recueillir les attentes des utilisateurs afin de traduire les usages en exigences d’architecture.
- Concevoir et actualiser les modèles de données, y compris à partir de systèmes existants.
- Définir les flux, les formats et les choix de stockage adaptés aux contraintes techniques.
- Comparer les options d’hébergement et d’accès au regard des besoins de performance.
- Documenter les choix d’architecture et les métadonnées utiles aux intégrations.
- Intégrer les standards et les exigences de protection avec les spécialistes concernés.
- Expliquer les choix techniques aux équipes métier et aux équipes chargées de leur réalisation.
Compétences
Compétences techniques
- Modélisation des données : concevoir un modèle, le faire évoluer et le reconstruire depuis un système existant.
- Architecture des flux : relier sources, formats et échanges aux usages attendus.
- Choix de plateforme : comparer hébergement, accès et temps de réponse selon les contraintes du poste.
- Métadonnées : utiliser un référentiel pour comprendre les données et étudier les impacts d’une intégration.
- Standards et protection : traduire les exigences applicables dans l’architecture avec les spécialistes compétents.
- Environnements big data : comprendre le traitement en flux et l’hébergement cloud lorsque la plateforme du poste les mobilise.
Qualités attendues
- Écoute : clarifier les attentes des utilisateurs avant de proposer une solution technique.
- Pédagogie : expliquer un modèle ou un choix de stockage à un interlocuteur non technique.
- Dialogue : faire préciser les contraintes des équipes métier et techniques pour construire une compréhension commune.
- Clarté : documenter une recommandation d’architecture, ses hypothèses et les personnes qui approuvent les décisions.
Stack courante
Parcours et formation
Les parcours documentés comprennent un diplôme d’ingénieur ou un master en informatique, avec une spécialisation liée aux données. Les systèmes d’information et les statistiques font partie des acquis utiles. Ces voies de formation ne constituent pas une obligation de diplôme pour chaque poste : appréciez ce que le candidat sait concevoir et expliquer.
Une expérience en ingénierie des données ou en architecture logicielle peut préparer au métier. Elle devient particulièrement utile au recrutement lorsque la personne peut décrire des responsabilités exercées : comprendre un système existant, proposer un modèle, comparer des choix de stockage ou documenter une intégration. Le passage par un métier voisin ne démontre pas à lui seul l’autonomie sur une architecture globale.
Pour lire un parcours, distinguez l’exposition à un environnement de la responsabilité d’une décision. Un candidat a pu contribuer à la mise en œuvre d’un flux sans choisir l’architecture d’ensemble. Un autre peut avoir conçu un modèle et accompagné ses évolutions avec les équipes techniques. Ces expériences éclairent des niveaux d’autonomie différents, même si les outils cités sur les CV se ressemblent.
L’Apec mentionne TOGAF et ArchiMate parmi les compléments de formation du profil big data. Considérez-les comme des éléments de parcours à contextualiser, sans en faire des certifications obligatoires ni une preuve automatique de maîtrise. Pour le poste envisagé, privilégiez la cohérence entre les acquis, les décisions déjà assumées et les responsabilités que vous souhaitez confier.
Recruter ce profil
Quand recruter
Envisagez de recruter un Data Architect lorsque plusieurs projets soulèvent des décisions liées sur les modèles, les échanges ou le stockage des données. Le besoin mérite d’être précisé si chaque équipe choisit sa solution sans cadre commun, ou si une évolution de plateforme impose de réexaminer les usages et les contraintes d’accès.
Dans un système déjà en place, commencez par les décisions à prendre. S’agit-il de comprendre les données existantes, de définir une architecture cible ou de choisir comment intégrer de nouvelles sources ? Nommez les livrables attendus et les personnes qui devront les utiliser. Cette préparation vous aidera à distinguer un besoin continu de conception d’une étude ponctuelle sur un projet.
Précisez ensuite les conditions d’exercice. Identifiez les interlocuteurs métier, les équipes chargées des flux et les spécialistes de la protection des données. Indiquez quelles recommandations devront être approuvées et par qui. Si le profil intervient chez des clients, faites préciser pour chaque mission les décisions qu’il peut prendre et les validations qui restent chez le client.
Le critère de décision est la responsabilité que vous devez durablement confier. Si le travail prioritaire consiste à développer des flux déjà définis, examinez d’abord un besoin de Data Engineer. Si vous attendez la définition d’une stratégie data et la conduite de son déploiement, le besoin relève d’une direction data, à cadrer avec le rôle de Chief Data / AI Officer.
Pour un choix d’architecture limité à un projet, comparez enfin le recrutement avec l’intervention ponctuelle d’un expert. Dans les deux cas, prévoyez qui conservera la compréhension des modèles et actualisera leur documentation après la décision.
Progression de carrière
Le Data Architect peut élargir son champ de conception à plusieurs domaines de données et contribuer à l’encadrement de l’architecture. Cette évolution suppose de relier davantage de modèles, de standards et d’interlocuteurs. Elle peut approfondir une carrière d’expertise sans impliquer automatiquement le management d’une équipe.
Pour apprécier une prochaine étape, examinez les responsabilités nouvelles : cohérence entre plusieurs domaines, coordination des choix d’architecture ou accompagnement d’autres architectes. Le référentiel britannique décrit cet élargissement, sans constituer une hiérarchie applicable à toutes les entreprises.
Un projet de direction data doit être évalué séparément. Le rôle de Chief Data / AI Officer dépasse la conception technique : pour sa dimension data, il implique de définir une stratégie et de conduire son déploiement. Le titre de Data Architect ne suffit donc pas à présumer cette préparation.
Comment évaluer ce profil
Le socle de l’évaluation GetPro
GetPro structure l’évaluation autour d’une grille de critères prioritaires. Elle distingue ce qui peut être vérifié sur le parcours du candidat de ce qui doit être approfondi en entretien. Chaque critère est associé à une modalité d’évaluation. Les entretiens s’appuient sur des questions ouvertes et des exemples concrets pour apprécier les compétences clés.
Conseils pour évaluer un Data Architect
Les pistes ci-dessous sont proposées pour ce métier et restent à adapter aux responsabilités du poste. Elles ne décrivent pas un protocole spécifique appliqué par GetPro aux Data Architects.
1. Définissez les critères avant les entretiens
Distinguez les décisions que le candidat devra prendre, les recommandations qu’il formulera et les validations confiées à d’autres personnes. Reliez chaque attente à une réalisation observable : modèle, schéma de flux, comparaison technique ou documentation.
Pondérez les critères selon votre environnement. Accordez davantage de place au traitement en flux si votre plateforme l’exige, sans transformer cette compétence en prérequis universel. Définissez aussi le niveau d’autonomie attendu sur les modèles et les intégrations.
2. Examinez une architecture passée
Demandez au candidat de présenter un projet et son rôle exact. Faites préciser les besoins des utilisateurs, les sources disponibles et les contraintes connues au moment des choix. Distinguez ses décisions de celles de l’équipe.
Invitez-le à expliquer comment il a construit ou actualisé le modèle et documenté les flux. Demandez ce qu’il modifierait avec les informations disponibles aujourd’hui. Cherchez un raisonnement compréhensible, avec des hypothèses identifiées et des limites reconnues.
Un récit qui ne décrit que les outils employés appelle un approfondissement. Faites préciser ce que ces outils permettaient de résoudre et quelles autres options avaient été envisagées. Ne déduisez pas l’autonomie d’une simple liste de technologies.
3. Proposez un cas proche du poste
Exemple fictif : proposez de relier plusieurs sources à un nouvel usage métier, avec des contraintes d’accès et de temps de réponse. Demandez un schéma simple, puis une explication des choix.
Observez les questions posées avant la solution. Le candidat cherche-t-il à comprendre les données existantes, les formats et les attentes des utilisateurs ? Demandez-lui d’indiquer les informations manquantes et les hypothèses retenues.
Faites comparer deux options de stockage ou d’hébergement. Introduisez une contrainte budgétaire pour examiner la façon dont il expose les compromis, sans lui attribuer la validation du budget. Demandez quelles conséquences doivent être discutées avec les responsables concernés.
Un signal favorable est la capacité à relier chaque choix à une contrainte explicite. Une proposition très détaillée qui ignore les conditions d’accès ou les usages mérite une relance ciblée.
4. Évaluez la communication et la coopération
Demandez une présentation de la même décision à un ingénieur, puis à un responsable métier. Appréciez la précision de l’explication et la capacité à conserver les conséquences utiles sans multiplier les termes techniques.
Explorez un désaccord sur un modèle ou un standard. Faites préciser les interlocuteurs consultés et la manière de distinguer recommandation et validation. Évaluez le management uniquement si le poste comprend une responsabilité d’encadrement explicite.
5. Faites examiner le cas technique et prenez des références
Si votre entreprise ne dispose pas de l’expertise nécessaire, faites examiner le cas par un architecte expérimenté capable d’évaluer les hypothèses et les compromis. Donnez-lui les mêmes critères qu’aux autres évaluateurs.
Avec l’accord du candidat, utilisez les références pour préciser son rôle dans les projets évoqués, son autonomie et sa coopération avec les équipes. Comparez ces éléments aux exemples présentés, sans attendre d’une référence qu’elle révèle des informations confidentielles.
Questions fréquentes
Quels documents préparer avant l’arrivée d’un Data Architect ?
Rassemblez les schémas disponibles, la liste des sources, les usages prioritaires et les contraintes d’accès connues. Indiquez aussi les interlocuteurs capables d’expliquer les données et les décisions déjà prises. Si la documentation est incomplète, signalez ses limites : cela aide à cadrer le travail de compréhension de l’existant sans présenter une cartographie incertaine comme acquise.
Comment discuter d’une architecture passée sans demander de documents confidentiels ?
Proposez au candidat de reconstruire un schéma anonymisé ou de raisonner sur un cas fictif. Demandez les contraintes, les options examinées et sa contribution personnelle, sans réclamer de données ni de documents internes d’un ancien employeur. Un échange sur les hypothèses et les arbitrages peut étayer l’entretien tout en préservant la confidentialité du projet.
Faut-il écarter un candidat qui n’a pas utilisé notre plateforme de données ?
Évaluez d’abord l’écart entre ses acquis et les décisions du poste. Demandez-lui de transposer un raisonnement de modélisation, de circulation ou de stockage à votre contexte, puis de nommer ce qu’il doit approfondir. Si une technologie est indispensable dès la prise de fonction, examinez cette connaissance séparément. Les plateformes ne sont pas interchangeables, mais leur nom ne résume pas la capacité de conception.
Qui valide les règles de gouvernance proposées par le Data Architect ?
Précisez les responsables de validation dans votre organisation. Le Data Architect intègre les standards et les exigences de protection avec les spécialistes, sans disposer d’une autorité universelle sur la conformité. Pour une règle d’accès, par exemple, identifiez qui formule l’exigence, qui la traduit dans l’architecture et qui approuve la décision.
Comment lire la grille de salaire du Data Architect ?
La grille présente le salaire fixe annuel brut en euros, pour la période 2025-2026, sur un marché français centré sur Paris. Les montants correspondent au salaire fixe. Le package global n’est pas renseigné. Le niveau Junior y est indiqué comme rare et ne doit pas être compris comme un parcours d’accès automatique. Comparez les responsabilités du poste et l’expérience concrète avant de retenir un niveau.
Sources et méthode
- Apec : Architecte big data F/H
- Government Digital and Data Profession : Data architect
- Onisep : Architecte big data (mégadonnées)
- Government Digital and Data Profession : Data engineer
- Government Digital and Data Profession : Chief data officer
Fiches métiers liées
- Data EngineerConstruit et opère les pipelines qui collectent, acheminent et rendent disponibles les données à l'échelle : ingestion, warehouse, orchestration.
- Architecte cloudL’architecte cloud conçoit l’infrastructure cloud de l’entreprise et guide les choix techniques selon ses besoins, ses contraintes et ses usages.
- Analytics EngineerL’Analytics Engineer transforme les données en modèles fiables, testés et documentés pour les analystes et les équipes métier.
- Chief Data & AI OfficerLe Chief Data & AI Officer dirige la stratégie des données et les usages de l’IA pour relier les projets aux priorités de l’entreprise.
À propos de l’auteur

Co-CEO
Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).
Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.