Data scientist
Le data scientist analyse les données et construit des modèles statistiques pour aider les équipes métier à répondre à leurs questions et à prendre des décisions.
Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le
Data scientist : besoin de recruter ?
Premiers candidats présentés sous 3 semaines.
Définition et périmètre
Le data scientist est un spécialiste de l’analyse statistique, de la programmation et de la modélisation des données. Il transforme une question métier en analyse ou en modèle pour éclairer une décision. Son travail relie les besoins des utilisateurs, la qualité des données disponibles et l’interprétation des résultats.
La demande peut venir d’une direction ou d’un service qui cherche à comprendre un phénomène, améliorer la qualité ou anticiper des pannes. Le data scientist commence par préciser cette demande. Il identifie ensuite les données pertinentes, les prépare et choisit une approche adaptée. La construction d’un algorithme ne constitue donc qu’une partie de son activité : comprendre ce que le résultat doit permettre de décider reste essentiel.
Son champ d’intervention varie selon l’organisation. Il peut travailler de la collecte à la restitution ou se concentrer sur l’analyse au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Il échange avec les métiers et les spécialistes techniques pour identifier les sources, expliquer les besoins de collecte et préparer l’utilisation des modèles.
Data scientist et data analyst : des activités qui peuvent se recouper
- Le data scientist prépare les données et développe notamment des modèles statistiques ou d’apprentissage automatique pour répondre aux problèmes confiés.
- Le data analyst produit des analyses, des visualisations et des tableaux de bord utiles aux décisions des utilisateurs.
Ces activités peuvent se recouper : l’intitulé seul ne suffit pas à décrire les travaux confiés à chaque profil.
Enjeux du recrutement
Le premier enjeu est de relier le travail technique à une décision de l’entreprise. Une analyse peut être correctement exécutée sans répondre à la question posée. Le recrutement doit donc tenir compte de la capacité à comprendre les utilisateurs, à reformuler leur demande et à expliquer ce que les données permettent réellement de conclure.
La qualité des données constitue un autre point décisif. Des formats incompatibles, des doublons ou des informations inexploitables appellent un travail de préparation. Réduire le poste à la création de modèles risque de laisser cette responsabilité mal définie. Avant de recruter, identifiez qui connaît les sources et qui pourra aider à comprendre leur contenu.
Le choix des indicateurs compte également. Pour apprécier un modèle, il faut préciser ce que mesure sa performance et ce que le résultat signifie pour l’usage visé. Un score isolé ne suffit pas à expliquer l’intérêt d’une solution. Demandez que les résultats soient accompagnés des limites utiles à leur interprétation et des conditions dans lesquelles ils peuvent guider une décision.
Exemple fictif : une équipe industrielle souhaite exploiter ses données pour anticiper des pannes. Avant de demander un modèle, elle précise les informations disponibles et les décisions que l’analyse doit éclairer. Le data scientist examine leur qualité, teste une approche et présente les résultats avec leurs limites. La direction peut alors discuter de l’usage envisagé, sans confondre un essai technique avec une solution déjà opérationnelle.
Enfin, le niveau d’autonomie doit correspondre au soutien disponible. Un recrutement devient difficile à évaluer si l’entreprise attend de la personne qu’elle couvre seule l’ensemble du projet, sans avoir défini les travaux qu’elle devra réellement prendre en charge.
Salaires 2025-2026
| Niveau et expérience | Fixe annuel brut |
|---|---|
| Junior0-2 ans | 44–52 k€ |
| Confirmé2-5 ans | 52–70 k€ |
| Senior5-8 ans | 70–85 k€ |
| Lead / Staff8+ ans | 85–130 k€ |
Fourchettes marché parisien, 2025-2026.
Hors Île-de-France, compter 10 à 20 % de moins.
Missions clés
- Traduire une demande métier en question analytique et préciser les résultats attendus.
- Identifier et extraire les données pertinentes pour le problème étudié.
- Nettoyer et structurer les données, en examinant les formats, les doublons et les informations inexploitables.
- Construire les variables utiles et les données d’entraînement des modèles.
- Créer, tester et ajuster des modèles statistiques ou d’apprentissage automatique.
- Évaluer les résultats avec des indicateurs adaptés à l’usage attendu.
- Restituer les analyses aux équipes métier sous forme de rapports, de visualisations ou de présentations.
- Contribuer à l’industrialisation et aux vérifications de mise en production selon la répartition des responsabilités.
Compétences
Compétences techniques
- Statistiques et mathématiques appliquées : choisir des méthodes adaptées au problème et interpréter leurs résultats.
- Préparation des données : extraire, nettoyer et structurer les informations nécessaires à l’analyse.
- Modélisation : construire des variables, préparer les données d’entraînement et ajuster les modèles.
- Validation : sélectionner des indicateurs de performance et de précision cohérents avec l’usage étudié.
- Programmation : écrire et tester des scripts pour réaliser les traitements et les analyses.
- Restitution : produire des visualisations et des explications compréhensibles pour les utilisateurs.
Qualités attendues
- Écoute : comprendre la demande des métiers avant de la traduire en travail analytique.
- Esprit d’analyse : distinguer les informations utiles et examiner les limites d’un résultat.
- Synthèse : faire ressortir les conclusions qui éclairent la décision de l’interlocuteur.
- Pédagogie : expliquer les choix et les résultats à des personnes dont les connaissances techniques diffèrent.
Stack courante
Parcours et formation
Les parcours cités par l’Apec et l’Onisep comprennent des masters en data science, statistiques ou mathématiques appliquées, ainsi que des diplômes d’ingénieur associant statistiques et informatique. Leur intérêt pour le recrutement tient aux acquis qu’ils permettent de développer : raisonner sur des données, programmer des traitements et comprendre les méthodes de modélisation.
La complémentarité entre statistiques et informatique reste essentielle : un parcours orienté vers les mathématiques peut être approfondi par des réalisations de programmation, tandis qu’un parcours informatique doit aussi développer le raisonnement statistique et le choix des méthodes. Le seul intitulé du diplôme ne permet pas de présumer d’une lacune dans l’un de ces domaines.
Le diplôme ne suffit pas non plus à établir le niveau d’autonomie. Une formation ne se confond pas avec une expérience professionnelle complète.
Recruter ce profil
Quand recruter
Envisagez ce recrutement lorsque l’entreprise a un problème qui nécessite de combiner analyse statistique, programmation et modélisation. Commencez par formuler la décision à éclairer et les utilisateurs concernés. Une demande générale de « faire de l’IA » doit être précisée avant de définir les compétences ou le niveau du poste.
Si le projet démarre, faites le point sur les données accessibles. Identifiez leurs sources, les personnes qui les connaissent et les transformations nécessaires pour les exploiter. Lorsque le besoin principal concerne leur collecte, leur acheminement ou leur disponibilité, examinez aussi le rôle du data engineer. Il ne s’agit pas d’imposer un ordre de recrutement, mais de traiter le travail dont dépend le projet.
Dans une équipe déjà constituée, déterminez ce que le nouveau poste prendra en charge. S’agit-il de développer des modèles, de conduire les analyses avec les métiers ou de coordonner plusieurs travaux ?
Le critère de décision est l’adéquation entre le travail récurrent à confier et les compétences du rôle. Si le besoin se limite à produire des tableaux de bord et des analyses pour les utilisateurs, un profil de data analyst mérite d’être étudié. Pour une question ponctuelle encore mal définie, envisagez d’abord un appui expert pour préciser les travaux, les données nécessaires et les responsabilités à créer.
Progression de carrière
Un data scientist peut élargir ses responsabilités en prenant en charge des projets plus complets, de la compréhension du besoin à la coordination des contributions techniques. Une évolution vers la gestion de projet ou la direction data fait partie des possibilités décrites par l’Apec, notamment vers les fonctions de chef de projet informatique ou de Chief Data Officer.
Le titre de lead doit être traduit en responsabilités précises. Dans le référentiel public britannique, il recouvre notamment l’encadrement, le développement de l’équipe et la définition de son orientation. Pour l’entreprise, distinguez ces missions d’une responsabilité centrée sur les choix techniques et la qualité des analyses. La progression peut ainsi porter sur l’expertise ou sur la coordination et le management, selon le poste proposé et le projet professionnel de la personne.
Comment évaluer ce profil
Le socle commun de l’évaluation GetPro
GetPro structure l’évaluation autour d’une grille de critères priorisés. Elle distingue les éléments vérifiables sur le parcours de ceux à examiner en entretien et associe une modalité d’évaluation à chaque critère. Les entretiens approfondissent les compétences clés par des questions ouvertes et des exemples concrets. La prise de références permet de recouper les responsabilités exercées et d’éclairer les points d’attention apparus pendant les échanges.
Adapter cette méthode au recrutement d’un data scientist
Les pistes ci-dessous sont des conseils pour votre recrutement. Le choix des critères techniques et de l’exercice dépend des travaux confiés au data scientist et du niveau attendu.
1. Définir les critères avant les entretiens
Précisez les travaux que la personne devra conduire et les appuis dont elle disposera. Distinguez le cadrage métier, la préparation des données, la modélisation, la programmation et la restitution. Pour chaque critère, définissez le niveau d’autonomie attendu.
Choisissez les outils à évaluer selon vos projets. N’exigez pas une bibliothèque de réseaux neuronaux si les travaux prévus ne la justifient pas. Préparez une grille commune aux évaluateurs pour comparer les réponses sur les mêmes critères.
Si votre entreprise ne dispose pas d’expertise en data science, associez un professionnel capable d’examiner le raisonnement statistique et le code. Confiez aux interlocuteurs métier l’appréciation de la compréhension du besoin et de la restitution.
2. Examiner une réalisation passée
Demandez au candidat de présenter un projet en partant de la question initiale. Faites préciser les données utilisées, les préparations nécessaires et les choix qu’il a personnellement effectués. Interrogez-le sur les ajustements apportés après les premiers résultats.
Recherchez une explication qui relie les choix techniques au problème traité. Une réponse détaillée sur l’outil, mais imprécise sur la demande ou les données, appelle des questions supplémentaires. Distinguez les résultats du projet de la contribution propre du candidat.
Pour apprécier sa rigueur, demandez comment il a repéré les données inexploitables et contrôlé les transformations. Pour explorer sa curiosité, faites expliquer une hypothèse qu’il a choisi de réexaminer.
3. Utiliser un cas proche du travail attendu
Proposez un exercice limité qui permette d’observer la démarche, puis discutez les arbitrages. Donnez les informations nécessaires sur l’usage visé et adaptez la difficulté au niveau recherché.
Exemple fictif : fournissez un jeu de données industrielles simplifié et une question relative aux pannes. Demandez quelles vérifications effectuer avant la modélisation, quelles variables examiner et comment apprécier les résultats.
Observez si le candidat repère les questions à clarifier avant de lancer un traitement. Faites justifier le choix d’un indicateur et expliquer ses limites. Une conclusion assurée sans discussion de la qualité des données mérite d’être approfondie.
Si le poste comprend du développement, examinez également un script et ses tests avec l’évaluateur technique. Demandez comment vérifier les traitements avant leur utilisation par d’autres personnes.
4. Évaluer la collaboration et la communication
Demandez une restitution courte à un interlocuteur métier. Examinez si le candidat explique ce que l’analyse apporte, ce qu’elle ne permet pas de conclure et quelles informations complémentaires seraient utiles.
Pour un poste d’encadrement, explorez la manière dont il accompagne les moins expérimentés et organise les revues de travaux. Demandez un exemple de désaccord technique et les éléments utilisés pour décider.
5. Recouper les responsabilités et conclure
Lors d’une prise de références, faites préciser les responsabilités effectivement exercées, l’autonomie et les collaborations. Reliez les retours aux points examinés pendant les entretiens, sans attendre d’une référence qu’elle remplace l’analyse technique.
Confrontez enfin les observations à la grille initiale. Distinguez une compétence indispensable dès la prise de poste d’un apprentissage possible avec l’appui prévu. Explicitez les points qui restent incertains avant de décider.
Questions fréquentes
Un doctorat est-il nécessaire pour le poste que vous souhaitez pourvoir ?
Le doctorat est une voie possible, sans constituer une exigence générale pour ce métier. Avant de le rendre obligatoire, précisez les travaux attendus et les compétences qu’il doit attester. L’Apec cite aussi les masters et les diplômes d’ingénieur parmi les parcours. Examinez donc les réalisations pertinentes pour votre poste plutôt que de retenir le seul niveau de diplôme.
Peut-on confier un premier poste de data scientist à un profil junior ?
Oui, des postes sont accessibles aux débutants, mais il faut adapter les responsabilités et l’encadrement. Pour un premier recrutement junior, désignez un référent capable de revoir les choix statistiques et les traitements. Prévoyez des points de validation et précisez les décisions que la personne peut prendre seule. Sans cet appui, réexaminez le niveau d’autonomie demandé plutôt que de laisser le junior seul face à l’ensemble du projet.
Qui prend en charge le passage d’un modèle en production ?
La répartition dépend de l’organisation et doit être convenue pour chaque poste. Le data scientist peut contribuer à l’industrialisation et aux vérifications de mise en production. Le ML engineer intervient notamment sur le logiciel et l’infrastructure nécessaires au déploiement. Avant le recrutement, attribuez explicitement les responsabilités de développement, de validation, de déploiement et de maintenance aux personnes concernées.
Comment comparer une proposition salariale à la grille présentée ?
Comparez d’abord le fixe annuel brut en euros, à niveau de responsabilité comparable. La grille 2025-2026 porte sur un marché français centré sur Paris et distingue des niveaux assortis de repères d’expérience. Ses montants de package ne sont pas renseignés : ils ne permettent donc pas de comparer une rémunération totale. Dans une proposition, identifiez séparément le fixe, le variable et les autres éléments avant de la rapprocher de la grille.
Sources et méthode
- Apec : Data scientist F/H
- Onisep : Data scientist (expert en mégadonnées)
- Government Digital and Data : Data scientist
- GetPro : Data analyst
- GetPro : Data Engineer
- GetPro : ML Engineer
Fiches métiers liées
- Data analystLe Data analyst prépare et analyse les données pour aider les équipes métier à comprendre leur activité et à prendre des décisions étayées.
- Data EngineerConstruit et opère les pipelines qui collectent, acheminent et rendent disponibles les données à l'échelle : ingestion, warehouse, orchestration.
- ML Engineer (Machine Learning Engineer)Le ML Engineer conçoit, entraîne et intègre des modèles de machine learning dans les logiciels utilisés par les clients ou les équipes de l’entreprise.
- Analytics EngineerL’Analytics Engineer transforme les données en modèles fiables, testés et documentés pour les analystes et les équipes métier.
- MLOps EngineerLe MLOps Engineer automatise la mise en production des modèles de machine learning et organise leur suivi pour les équipes qui les exploitent.
À propos de l’auteur

Co-CEO
Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).
Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.