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M&A / Corporate Development

Le M&A / Corporate Development repère des cibles et évalue des projets d’acquisition pour éclairer les décisions de croissance externe d’une entreprise.

Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le

Définition et périmètre

Le corporate development, ou développement d’entreprise, est une fonction interne qui prépare et conduit des projets de croissance externe pour une entreprise. Dans cette fiche M&A / Corporate Development, son travail porte sur les acquisitions : repérer des cibles, apprécier leur intérêt stratégique, construire une valorisation, coordonner les vérifications préalables et accompagner la transaction jusqu’à sa conclusion. Il traduit une intention de développement en dossier que les dirigeants peuvent examiner et discuter.

La fonction rapproche la stratégie de l’entreprise des données financières de chaque cible. Elle examine la cohérence de l’acquisition envisagée, les hypothèses de valeur, les synergies possibles et les coûts d’intégration. Elle prépare des recommandations argumentées et suit les travaux des équipes concernées. La décision d’investir appartient aux instances prévues par l’organisation et ses délégations, dont le titulaire du poste doit connaître les limites.

Selon la taille de l’équipe et la séniorité du poste, une personne peut surtout produire des analyses pour revue ou porter une transaction avec les responsables internes. La finance, le juridique, les RH, la fiscalité et les opérations apportent leurs expertises aux diligences. Le corporate development organise leurs contributions au dossier, sans remplacer ces spécialistes. Après la conclusion, il prépare ou accompagne l’intégration avec les équipes qui en ont la charge ; il ne la pilote pas nécessairement seul.

Le terme « corporate development » peut aussi désigner des partenariats ou des cessions. Ici, le périmètre est volontairement celui des acquisitions, et non la planification financière générale ni les opérations courantes.

Corporate development, direction financière et conseil M&A : qui fait quoi ?

  • Le corporate development interne travaille pour l’entreprise acquéreuse sur l’opportunité et l’exécution d’une acquisition.
  • Le ou la DAF, dont le rôle est détaillé dans la fiche métier DAF / CFO, apporte notamment l’analyse financière utile au dossier ; le partage des responsabilités dépend de l’organisation.
  • Le banquier conseil M&A intervient depuis une banque d’affaires pour conseiller ses clients sur leurs opérations. Il peut travailler avec l’équipe interne, sans occuper sa place.

Enjeux du recrutement

Une acquisition engage l’entreprise sur une cible dont la valeur future reste incertaine. Le corporate development aide la direction à distinguer une opportunité cohérente avec sa stratégie d’un dossier séduisant mais insuffisamment étayé. La qualité du travail se voit dans la façon de hiérarchiser les cibles, de rendre les hypothèses de valorisation explicites et de signaler ce qui doit encore être vérifié. Une recommandation utile permet de décider en connaissance des limites du dossier.

Le premier risque est de confondre intérêt stratégique et prix acceptable. Les modèles financiers rendent visibles les scénarios, les synergies attendues et les coûts d’intégration. Leur résultat dépend des hypothèses retenues. Si ces hypothèses restent implicites, les décideurs ne peuvent pas apprécier ce qui ferait changer l’évaluation. Le poste doit donc expliquer les principaux moteurs de valeur plutôt que présenter un chiffre isolé comme une certitude.

La diligence pose un autre enjeu : les informations financières, juridiques et opérationnelles doivent parvenir aux bons spécialistes au bon moment. Si le titulaire du poste suit seulement la valorisation, une question importante peut rester sans responsable identifié. À l’inverse, multiplier les analyses sans synthèse retarde la recommandation. Le corporate development coordonne les travaux, fait remonter les écarts et prépare une synthèse claire des constats pour les responsables qui examinent l’opération.

Exemple fictif : une cible paraît bien placée sur un marché visé, mais son plan financier suppose des synergies encore non confirmées par les équipes opérationnelles. Le titulaire peut présenter un scénario avec ces synergies et un autre sans elles, puis demander les vérifications nécessaires avant de recommander la suite. Cet exemple illustre une démarche d’analyse, pas un résultat observé.

Le périmètre d’autorité mérite enfin d’être écrit clairement. Participer à la négociation ou préparer une note d’approbation ne signifie pas disposer du pouvoir final de conclure. La direction doit préciser qui négocie, qui vérifie les risques et qui valide. Elle doit aussi désigner les responsables de l’intégration, afin que les hypothèses du dossier soient transmises aux équipes qui prendront le relais après l’acquisition.

Salaires 2025-2026

Niveau et expérienceFixe annuel brutPackage annuel brut
Analyste0-3 ans45–55 k€60–75 k€
Associate / Chargé d'affaires3-6 ans50–80 k€70–110 k€
Manager / VP6-10 ans90–150 k€—
Director / MD Corporate Development10+ ans120–200 k€—

Fourchettes marché parisien, 2025-2026.

Marché très parisien

Missions clés

  • Définir, avec les responsables concernés, les critères stratégiques et financiers de recherche de cibles.
  • Repérer et qualifier des cibles à partir de leur cohérence stratégique et de leur profil financier.
  • Construire des modèles de valorisation et tester les hypothèses qui changent la valeur estimée.
  • Évaluer les synergies possibles et les coûts d’intégration dans les scénarios financiers.
  • Organiser les diligences avec les équipes financières, juridiques, fiscales, RH et opérationnelles concernées.
  • Synthétiser les constats et les incertitudes dans une recommandation destinée aux instances de revue.
  • Contribuer aux négociations et suivre la transaction jusqu’à sa conclusion selon les délégations reçues.
  • Préparer avec les équipes concernées le passage du dossier d’acquisition à l’intégration.

Compétences

Compétences techniques

  • Analyse stratégique : apprécier l’intérêt d’une cible au regard des objectifs de croissance de l’entreprise.
  • Modélisation financière : construire des scénarios et expliquer les hypothèses de valorisation.
  • Analyse de transaction : relier prix, synergies et coûts d’intégration dans une recommandation.
  • Conduite de diligence : répartir les questions entre spécialistes et suivre les réponses attendues.
  • Synthèse de décision : présenter les constats, les incertitudes et les prochaines étapes aux responsables.
  • Suivi de transaction : organiser le passage de la négociation à la conclusion selon son mandat.

Qualités attendues

  • Clarté : rendre les hypothèses de valorisation compréhensibles et répondre aux objections des responsables qui examinent l’opération.
  • Écoute : reformuler les réserves des équipes concernées avant de conclure sur un dossier.
  • Coopération : coordonner les avis financiers, juridiques et opérationnels pour faire avancer le dossier.
  • Discernement : distinguer ce qui est établi, ce qui reste incertain et ce qui relève des décideurs.
  • Aisance relationnelle : échanger avec les vendeurs, les dirigeants et les conseils dans le cadre de la transaction.

Stack courante

Valorisation : tableurs et modèles financiers avec scénariosSuivi des cibles : registre des opportunités et prioritésDiligence : plan de travaux et data room virtuelleDécision : notes de synthèse et supports de présentation

Parcours et formation

Les acquis utiles comprennent la lecture des états financiers, la comptabilité, la valorisation et les projections. Une connaissance des questions juridiques, fiscales et opérationnelles aide à identifier les spécialistes à mobiliser pendant la diligence. Comprendre les enjeux d’intégration permet aussi de ne pas traiter les synergies comme une simple ligne du modèle. Ces matières figurent dans des formations consacrées aux fusions et acquisitions, mais aucun programme ni diplôme unique ne définit l’accès au métier.

Des professionnels viennent de la banque d’investissement, du conseil en transactions ou en stratégie, du private equity ou d’une équipe de corporate development. Ces voies peuvent apporter des compétences différentes.

Recruter ce profil

Quand recruter

Le besoin apparaît quand l’entreprise souhaite examiner des acquisitions de façon suivie et que la recherche de cibles, leur évaluation et la conduite des transactions demandent une responsabilité clairement identifiée. Un poste interne peut alors maintenir la mémoire des dossiers, relier chaque opportunité à la stratégie et préparer les décisions successives. Aucun nombre de transactions ni aucune taille d’entreprise ne suffit à lui seul à justifier ce recrutement.

Si les projets sont ponctuels, l’entreprise peut réunir une équipe pour chaque opération. Les responsables de la stratégie et de la finance peuvent coordonner l’analyse avec le juridique, les opérations et des conseils externes. Cette organisation suppose néanmoins de nommer la personne qui suit les questions ouvertes, rassemble les réponses et présente le dossier aux décideurs. La disponibilité de ces responsables compte autant que l’existence de spécialistes.

Lorsque plusieurs opportunités doivent être qualifiées ou que la direction veut porter elle-même une démarche de croissance externe, précisez ce que le futur titulaire fera en propre. Cherchera-t-il les cibles, produira-t-il les modèles, mènera-t-il les diligences ou pilotera-t-il certains échanges de négociation ? Fixez aussi la personne ou l’instance qui autorise chaque étape. Un profil chargé surtout de préparer des analyses pour revue n’a pas le même degré d’autonomie qu’un responsable qui conduit la transaction avec la direction.

Progression de carrière

L’évolution peut élargir le nombre de dossiers confiés, puis la responsabilité de la recherche de cibles, des négociations et de la coordination des équipes jusqu’à la conclusion. Le titulaire peut également passer d’un travail d’analyste à la conduite de transactions avec les responsables de l’entreprise. Les postes observés montrent que le niveau de responsabilité varie fortement d’une organisation à l’autre.

Une expérience de corporate development peut aussi conduire vers une direction de cette fonction ou vers des responsabilités de stratégie et de développement. Un passage vers la direction financière suppose d’acquérir le pilotage financier plus large qu’exige ce rôle. À l’inverse, une personne peut revenir à une expertise de valorisation ou de transaction. La mobilité dépend des dossiers effectivement menés et des décisions auxquelles elle a contribué, davantage que du seul intitulé porté auparavant.

Comment évaluer ce profil

La méthode générique documentée de GetPro commence par une grille de critères définie avant l’entretien. Elle distingue ce qui peut être examiné sur le parcours de ce qui demande une question ou un test, et prévoit une modalité d’évaluation pour chaque critère. En entretien, les critères clés sont explorés avec des questions ouvertes et des exemples concrets. La prise de références, avec l’accord préalable du candidat, cherche aussi des exemples situés dans le contexte de la collaboration.

Pour évaluer un candidat à ce poste, vous pouvez suivre les cinq étapes suivantes et adapter les questions aux responsabilités à confier.

1. Définir les critères avant l’entretien

Listez les responsabilités du poste : sélection de cibles, modèle financier, diligences, négociation et transmission à l’intégration. Pour chacune, indiquez le livrable attendu et le niveau d’autonomie. Distinguez la préparation d’une recommandation de la validation finale par l’instance prévue dans votre organisation. Utilisez la même grille pour les candidats. Un bon signe est la capacité à expliquer où son travail s’arrêtait sur un dossier. Une réponse qui attribue au candidat seul toutes les décisions mérite d’être clarifiée.

2. Examiner une réalisation passée

Demandez un exemple d’acquisition étudiée, avec les informations confidentielles retirées. Faites préciser la thèse de départ, les critères de sélection, le rôle personnel du candidat et les raisons d’abandonner ou de poursuivre la cible. Demandez comment il a présenté son analyse aux responsables. Recherchez des hypothèses explicites et une distinction nette entre constat, estimation et recommandation. Si le candidat ne peut expliquer ni les données utilisées ni les objections reçues, approfondissez sa contribution réelle.

3. Proposer un cas proche du poste

Exemple fictif : présentez une cible cohérente avec la stratégie, mais dont les synergies annoncées restent incertaines. Demandez au candidat de choisir les informations à obtenir, de bâtir deux scénarios de valorisation et d’expliquer ce qui changerait sa recommandation. Il peut montrer un modèle simple ou décrire sa logique de calcul. Observez s’il relie le prix aux hypothèses, aux coûts d’intégration et aux vérifications encore nécessaires. Une valeur donnée sans hypothèses vérifiables est une alerte ; une conclusion conditionnelle bien argumentée est un signal favorable.

4. Tester la coordination et la communication

Demandez comment il organiserait la diligence avec la finance, le juridique, les RH, la fiscalité et les opérations selon les risques du dossier. Qui recevrait quelle question ? Comment ferait-il remonter une divergence entre spécialistes ? Invitez-le à résumer la cible en quelques minutes comme devant une instance de revue. Évaluez la clarté de sa recommandation et sa capacité à nommer les points non résolus. Si le poste comprend une équipe, faites aussi préciser comment il répartit les travaux et suit leur avancement.

5. Vérifier les responsabilités avec des références

Avec l’accord du candidat, échangez avec des personnes qui ont travaillé sur ses dossiers. Demandez quels livrables il a produits, quelles relations il a tenues avec la cible ou les conseils et qui validait les étapes clés. Cherchez des exemples concrets plutôt qu’un jugement général. Si votre entreprise ne possède pas l’expertise de valorisation ou de transaction, associez à l’exercice un responsable financier ou un conseil compétent. Leur rôle est d’apprécier le raisonnement technique ; la décision de recrutement reste celle de votre organisation.

Questions fréquentes

Après la clôture, peut-on comparer les résultats d’une acquisition aux hypothèses retenues pour la décider ?

Dans certaines organisations, les résultats d’une acquisition sont comparés après sa clôture aux critères de réussite et aux hypothèses retenus lors de la décision. Ce suivi permet d’examiner les écarts entre les résultats observés et les attentes initiales. La participation du titulaire dépend de son mandat : elle ne constitue pas une responsabilité systématique du corporate development.

Comment fixer des objectifs au titulaire sans le juger au seul nombre d’acquisitions conclues ?

Proposez des objectifs liés aux travaux qu’il maîtrise : cibles qualifiées selon les critères convenus, hypothèses de valorisation documentées et questions de diligence suivies. Convenez aussi de la façon d’apprécier la clarté des recommandations remises aux décideurs. Adaptez ces attentes au mandat du poste et distinguez-les des décisions d’acquisition, qui relèvent des instances de l’entreprise.

Comment garder une trace utile des cibles écartées ?

Pour chaque cible écartée, consignez la raison de l’arrêt, les hypothèses qui n’ont pas été confirmées et les informations qui manquaient au moment de décider. Notez ce qui pourrait justifier un nouvel examen et la personne chargée de tenir le dossier à jour. Ce suivi proposé permet de retrouver le raisonnement si la cible revient dans les discussions.

Que couvre une fourchette de rémunération en corporate development ?

La grille de cette fiche porte sur une rémunération brute annuelle, pour un marché centré sur Paris et l’Île-de-France, sur la période 2025-2026. Elle distingue le fixe du package lorsque ce dernier est renseigné. Les fourchettes correspondent aux niveaux et aux années d’expérience indiqués dans la grille. Le périmètre réel du poste compte aussi pour apprécier le niveau pertinent. Les cases non renseignées ne permettent pas de déduire un package.

Sources et méthode

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À propos de l’auteur

Romain Pichou

Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).

Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.