Trésorier
Le trésorier suit les liquidités et prévoit les besoins de trésorerie de l’entreprise. Il prépare les décisions de financement, de placement et de gestion des risques.
Rédigé par Romain PichouPublié le Mis à jour le
Trésorier : besoin de recruter ?
Premiers candidats présentés sous 3 semaines.
Définition et périmètre
Le métier de trésorier consiste à suivre et anticiper les liquidités d’une entreprise. Le trésorier rapproche les encaissements et décaissements attendus des soldes disponibles, prépare les prévisions de trésorerie et signale les besoins de financement. Selon les responsabilités qui lui sont confiées, il examine aussi l’emploi d’un excédent, les conditions bancaires et les risques de change ou de taux. Son objectif est de donner à la direction une vue fiable des flux, à court terme et sur la période couverte par le budget.
Ce périmètre dépend de la taille de l’entreprise, de ses filiales et de la délégation accordée par la direction financière. Dans une petite structure, une personne chargée de la comptabilité peut également tenir la trésorerie. Dans un groupe, le suivi des flux, la centralisation des comptes et les risques financiers peuvent relever d’une équipe spécialisée. Le titre seul ne dit donc pas si le titulaire exécute un plan décidé ailleurs, propose des arbitrages ou encadre d’autres trésoriers.
Au quotidien, le trésorier analyse les positions bancaires, contrôle les données qui alimentent ses tableaux de suivi et explique les écarts entre prévisions et flux réalisés. Il travaille avec la comptabilité pour les règlements et les rapprochements, et avec le contrôle de gestion pour les éléments du budget. Il échange avec les banques sur les conditions et les solutions envisagées. La décision finale sur un financement, un placement ou une couverture dépend du mandat fixé par l’entreprise ; le poste ne donne pas d’office autorité sur toute la politique financière.
Trésorier, comptable et DAF : qui fait quoi ?
- Le trésorier suit la disponibilité du cash, prévoit les flux et prépare ou met en œuvre les solutions relevant de sa délégation.
- Le comptable traite et fiabilise les opérations comptables et contribue aux encaissements, décaissements et rapprochements nécessaires à la trésorerie.
- Le DAF fixe le cadre des décisions financières et les responsabilités déléguées au trésorier ; son périmètre couvre davantage que la seule trésorerie.
Cette distinction aide à décrire un poste réel : précisez qui produit les données, qui en tire une prévision et qui autorise les opérations bancaires.
Enjeux du recrutement
Une trésorerie disponible aujourd’hui ne suffit pas à conclure que l’entreprise pourra régler ses échéances futures. Le trésorier relie le solde bancaire aux encaissements attendus, aux décaissements programmés et aux écarts déjà observés. Pour un dirigeant, la valeur du poste tient à cette capacité d’anticipation et à la qualité des informations remises avant une décision.
Un mauvais ajustement du profil peut fragiliser ce travail de plusieurs façons. Une personne à l’aise avec les écritures comptables, mais peu habituée aux prévisions, risque de pouvoir décrire les flux passés sans fournir une prévision suffisante pour les prochaines échéances. À l’inverse, une analyse de financement déconnectée des positions bancaires quotidiennes laisse des besoins immédiats sans réponse. La fiabilité des données, le contrôle des conditions bancaires et l’explication des écarts comptent autant que la construction initiale du budget.
Exemple fictif : un client règle une facture plus tard que prévu. Le trésorier met à jour la prévision, mesure l’effet sur les paiements à venir et présente à la direction les solutions relevant du mandat de l’entreprise. L’intérêt de l’exercice est d’exposer le raisonnement, les données manquantes et le moment où une décision devient nécessaire ; ce n’est pas d’imposer une solution unique.
Le périmètre de risque dépend aussi de l’activité. Des achats ou ventes en devises peuvent appeler une analyse du change. Un endettement exposé aux taux peut exiger un suivi spécifique. Ces activités ne doivent pas devenir des exigences systématiques dans une fiche de poste : décrivez les flux et les risques que l’entreprise rencontre réellement, puis le niveau d’autonomie souhaité pour les gérer.
Enfin, l’organisation détermine les interfaces. La comptabilité participe au traitement des flux et à leur fiabilité ; le contrôle de gestion alimente le budget ; la direction financière arbitre selon les délégations. Avant de recruter, clarifier ces responsabilités évite de demander au trésorier de compenser seul une donnée incomplète ou une décision qui appartient à la direction.
Salaires 2025-2026
| Niveau et expérience | Fixe annuel brut |
|---|---|
| Trésorier junior0-2 ans | 42–52 k€ |
| Confirmé2-5 ans | 52–68 k€ |
| Senior5-8 ans | 68–85 k€ |
| Responsable trésorerie8+ ans | 85–110 k€ |
Fourchettes marché parisien, 2025-2026.
Hors Île-de-France, compter 10 à 15 % de moins.
Missions clés
- Suivre les encaissements, décaissements et soldes pour établir la position de trésorerie quotidienne.
- Analyser les positions bancaires et les rapprochements avec les données comptables.
- Établir les prévisions de trésorerie à partir des flux attendus et des données transmises par les autres services.
- Comparer les flux réalisés au budget de trésorerie et expliquer les écarts à la direction.
- Identifier les besoins de financement et les excédents susceptibles d’être placés, selon le mandat confié.
- Préparer les échanges bancaires et contrôler les conditions appliquées aux opérations suivies.
- Examiner l’exposition aux risques de change et de taux lorsque l’activité le justifie.
- Contrôler la qualité des données et du reporting qui servent au suivi des liquidités.
Compétences
Compétences techniques
- Prévision de trésorerie : construire un plan de flux et expliquer les écarts entre attendu et réalisé.
- Analyse des données comptables : relier opérations enregistrées, créances, dettes et liquidités disponibles.
- Suivi bancaire : lire les positions, effectuer les rapprochements et contrôler les conditions appliquées.
- Financement et placement : comparer les besoins ou excédents aux solutions soumises à la décision.
- Analyse des risques financiers : repérer les flux exposés au change ou aux taux lorsque le poste les couvre.
- Traitement des données : fiabiliser les entrées d’un tableur ou d’un logiciel de trésorerie et produire un reporting lisible.
Qualités attendues
- Rigueur : distinguer une donnée confirmée d’une hypothèse dans une prévision.
- Esprit d’analyse : expliquer la cause d’un écart et ses conséquences possibles sur les paiements.
- Réactivité : actualiser la position et alerter lorsqu’un flux attendu change.
- Confidentialité : traiter les données bancaires et financières avec discernement.
- Sens relationnel : obtenir les informations utiles de la comptabilité, du contrôle de gestion et des banques.
- Clarté : présenter à la direction des choix de trésorerie avec leurs hypothèses et limites.
Stack courante
Parcours et formation
Plusieurs parcours peuvent préparer au métier de trésorier. L’Apec cite des formations en comptabilité-gestion, finance, économie, contrôle ou audit, ainsi que des certificats professionnels de l’AFTE. Ce sont des voies possibles, pas une liste de diplômes obligatoires. L’AFTE propose aussi des formations techniques qui abordent notamment le cash management, les financements, les risques et le contrôle. Les acquis utiles dépendent du périmètre du poste.
Un parcours en comptabilité peut apporter la maîtrise des écritures et des rapprochements, utiles pour établir une position de trésorerie à partir des opérations enregistrées. Un parcours en finance peut donner une expérience des financements ou des risques, sans garantir la pratique du suivi quotidien des flux constatés. Une formation spécialisée peut préparer à la construction d’un budget de trésorerie, à l’analyse des écarts ou au contrôle des conditions bancaires ; la maîtrise de ces travaux dépend ensuite des responsabilités réellement exercées.
L’expérience se lit par responsabilités exercées plutôt que par le seul intitulé. La grille présente les niveaux « Trésorier junior » (0-2 ans), « Confirmé » (2-5 ans), « Senior » (5-8 ans) et « Responsable trésorerie » (8+ ans). Ces libellés situent ses bandes salariales ; ils ne fixent pas à eux seuls le niveau de délégation d’un candidat. Préparer des données, proposer des solutions à la direction et piloter une équipe correspondent à des responsabilités différentes. La taille de l’entreprise, le nombre de comptes et la présence de flux internationaux changent la portée d’une réalisation sans rendre un parcours automatiquement supérieur à un autre.
La coordination des prévisions demande de savoir obtenir et expliquer les informations fournies par la comptabilité et le contrôle de gestion. Si le poste comprend les échanges avec les banques, les placements ou les couvertures, le parcours doit être lu selon le rôle réellement tenu dans la préparation et l’exécution des décisions.
Recruter ce profil
Quand recruter
Un poste de trésorier distinct devient pertinent lorsque le suivi des soldes et la production de prévisions demandent une attention régulière que la comptabilité ne peut plus assurer dans son organisation actuelle. Le critère n’est pas la seule taille de l’entreprise : le volume des flux, les échéances à couvrir et la complexité des comptes comptent aussi. Décrivez d’abord les opérations quotidiennes à prendre en charge, les données disponibles et la personne qui autorise les paiements ou les décisions financières.
Dans une PME où les flux restent peu complexes, la fonction peut être tenue par un comptable ou un responsable comptable. Si les prévisions et les échanges bancaires prennent davantage de place, un trésorier dédié peut suivre les positions, expliquer les écarts et préparer les décisions. Le besoin de recruter apparaît plus clairement lorsque ces travaux exigent une continuité et une expertise identifiées, au-delà d’une intervention ponctuelle sur un financement ou un outil.
Dans un groupe, plusieurs filiales, comptes ou devises peuvent étendre le travail vers la centralisation des liquidités et l’analyse des risques. Définissez alors si le poste consiste à exploiter un dispositif existant, à l’améliorer ou à coordonner d’autres personnes. Le niveau « Responsable trésorerie » de la grille ne doit pas être attribué automatiquement à tout poste qui traite des flux internationaux : l’encadrement et la délégation doivent être précisés séparément.
Avant de lancer le recrutement, établissez la frontière avec la direction financière. Le trésorier peut préparer des scénarios de financement ou de placement et gérer les banques dans son champ d’autorité. Si l’entreprise cherche à confier la politique financière globale, le budget et les autres fonctions financières à une seule personne, le besoin se rapproche d’un DAF / CFO. Une expertise ponctuelle peut suffire pour un projet limité, tandis qu’un suivi durable des flux justifie un rôle permanent.
Progression de carrière
Un trésorier peut élargir son périmètre en prenant en charge davantage de comptes, de filiales ou de devises, puis coordonner une équipe de trésorerie. Cette évolution suppose une responsabilité réelle sur les prévisions, les relations bancaires et les risques, avec une délégation clairement définie. La bande « Responsable trésorerie » de la grille correspond à un niveau de poste ; elle ne promet pas une promotion à partir d’un nombre d’années.
Une autre voie consiste à approfondir l’expertise sur les financements, la centralisation des liquidités ou les risques financiers, sans nécessairement encadrer. Le passage vers une fonction de DAF / CFO implique un champ plus large que la trésorerie et dépend des responsabilités déjà exercées. Dans une autre entreprise, le même intitulé peut offrir plus d’autonomie ou un périmètre de flux différent. Décrivez donc la progression par les décisions effectivement confiées, plutôt que par la seule hiérarchie des titres.
Comment évaluer ce profil
La méthode de GetPro part d’une grille qui hiérarchise les critères du poste et précise comment évaluer chacun d’eux. En entretien, quelques critères clés sont explorés par des questions ouvertes et des exemples concrets. Avec l’accord du candidat, la prise de références peut compléter l’évaluation des compétences.
Pour un poste de trésorier, partez des flux, des risques et du niveau de délégation à couvrir. Les questions et le cas proposés ci-dessous sont des conseils à adapter à votre organisation.
1. Fixez les critères du poste
Distinguez le suivi quotidien, la prévision, les relations bancaires et, si votre activité le demande, le change ou les taux. Pour chaque activité, précisez ce que le titulaire produit et ce qu’il peut décider. Une grille simple peut retenir la fiabilité des données, l’analyse des écarts, la qualité des prévisions et la clarté des alertes. Ajoutez les risques financiers seulement s’ils appartiennent au poste.
Un signe favorable est une expérience décrite avec un périmètre précis : comptes suivis, données reçues, livrables et décisions soumises à validation. Restez prudent devant une compétence annoncée sans explication du rôle personnel du candidat.
2. Reconstituez des réalisations passées
Demandez au candidat de raconter une prévision qu’il a préparée et un écart qu’il a dû expliquer. Quelles données provenaient de la comptabilité ou du contrôle de gestion ? Comment a-t-il contrôlé leur fiabilité ? À qui a-t-il présenté son analyse et quelle décision a été prise ?
Pour les relations bancaires, distinguez la collecte d’informations, la comparaison de conditions et une éventuelle négociation. Pour les risques de change ou de taux, demandez une situation réellement rencontrée, sans attendre cette expérience d’un poste qui ne l’exige pas. Un bon récit précise les hypothèses et les limites de l’action menée. Une réponse qui attribue toute la décision au candidat, sans expliquer la délégation, appelle une clarification.
3. Proposez un cas proche du travail
Exemple fictif : remettez au candidat des soldes bancaires, des encaissements attendus et une liste de décaissements à venir. Introduisez ensuite le report d’un encaissement important. Demandez-lui de mettre à jour la position prévisionnelle, de montrer ses contrôles et d’expliquer à quel moment il alerterait la direction.
Examinez la méthode autant que le résultat : sépare-t-il les flux certains des hypothèses ? Repère-t-il une donnée manquante ? Relie-t-il le besoin éventuel de financement au calendrier des paiements ? N’évaluez pas une solution bancaire particulière si le cas ne fournit ni conditions ni mandat de décision. La capacité à formuler ces limites est un signal favorable.
4. Observez la coordination et la communication
Demandez comment le candidat obtiendrait une prévision de flux auprès d’un autre service, puis comment il expliquerait un écart au directeur financier. Écoutez si son propos distingue le fait constaté, son hypothèse et l’action recommandée. Pour un poste de responsable, ajoutez une situation de répartition du suivi des comptes et de revue des données produites par l’équipe.
Une alerte utile décrit son objet, son échéance et les options à examiner. Un exposé qui masque l’incertitude ou qui ne nomme pas la personne habilitée à décider doit être approfondi. La confidentialité des données financières peut aussi être abordée à travers la manière dont le candidat partage ses analyses.
5. Vérifiez les références et concluez
Avec l’accord du candidat, rapprochez les réalisations décrites du périmètre réellement tenu : préparation des prévisions, contrôle des positions, participation aux échanges bancaires et degré d’autonomie. Posez des questions sur des responsabilités observables, sans demander d’informations financières confidentielles sur un ancien employeur.
Si votre entreprise ne possède pas l’expertise nécessaire pour apprécier un cas de trésorerie, associez à l’évaluation un professionnel capable de relire le raisonnement financier. La décision finale doit comparer les mêmes critères pour tous les candidats et rester proportionnée au poste défini.
Questions fréquentes
Comment répartir les responsabilités entre le trésorier et le comptable ?
La comptabilité enregistre les opérations et fiabilise les données d’entrée. Elle peut aussi assurer les rapprochements. Le trésorier s’appuie sur ces informations pour établir la position et les prévisions de trésorerie, puis prépare les décisions dans les limites de sa délégation. Précisez séparément qui autorise les opérations bancaires. Dans une petite structure, une même personne peut exercer les deux fonctions. La fiche métier comptable détaille ce rôle voisin.
Dans quel cas le poste exige-t-il un responsable trésorerie plutôt qu’un trésorier ?
Le titre de responsable se justifie si le poste comprend la coordination d’une équipe ou d’un dispositif de trésorerie et une délégation plus large. Un grand nombre de comptes ou des flux en devises ne suffit pas à lui seul à établir ce niveau. Décrivez l’encadrement attendu, les décisions autorisées et les sujets qui restent à la direction financière.
Quels éléments permettent de comparer deux candidats aux expériences de trésorerie différentes ?
Comparez les flux suivis, les prévisions produites, la qualité des contrôles et le degré d’autonomie réel. Un candidat peut avoir travaillé sur des risques complexes sans avoir assuré le suivi quotidien ; un autre peut maîtriser ce suivi avec un périmètre bancaire plus restreint. Le périmètre du poste à pourvoir permet de pondérer ces expériences.
Comment interpréter la grille salariale d’un trésorier selon le niveau et la région ?
La grille de cette fiche présente des fourchettes de fixe annuel brut pour le marché parisien, sur la période 2025-2026. Ses niveaux et repères d’expérience servent à situer un poste, sans remplacer l’examen des responsabilités confiées. Le package n’y est pas renseigné. Une indication de décote hors Île-de-France figure avec la grille ; elle reste un repère à confronter au périmètre réel du poste.
Sources et méthode
Fiches métiers liées
- Comptable / Chef comptableLe comptable produit et contrôle les comptes de l’entreprise. Le chef comptable supervise ces travaux et organise l’équipe chargée de les réaliser.
- DAF / CFOLe DAF / CFO dirige la fonction financière et aide le dirigeant à décider à partir des comptes, des prévisions de trésorerie et des besoins de financement.
- Finance OpsLe Finance Ops contrôle et documente la facturation, les encaissements et les autres opérations financières récurrentes confiées par l’entreprise.
- FP&A (Financial Planning & Analysis)Le FP&A construit les plans, prévisions et scénarios financiers qui aident la direction à décider de la trajectoire de l’entreprise.
- Responsable du reporting financierLe responsable du reporting financier prépare et contrôle les états financiers destinés aux tiers, puis coordonne les justificatifs et les échanges avec les auditeurs.
À propos de l’auteur

Co-CEO
Romain Pichou a cofondé GetPro en 2015 avec Émile Pennes. Diplômé de l'ESCP Business School, il a débuté sa carrière dans des entreprises technologiques en forte croissance (Winamax, Betclic, Lucca où il dirigeait les ventes de la suite SaaS RH, puis ContentSquare).
Chez GetPro, il est l'associé référent des recrutements Tech, IA et Produit : CTO, VP Engineering, Head of Data, direction produit. Il intervient sur les mandats de direction technique, du cadrage du besoin à l'évaluation des candidats.